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Un film de Catherine Corsini

Un léger manque de crédibilité, malgré un trio d'acteurs impressionnant

Alors qu'elle souhaite reprendre ses activités de kinésithérapeute, une quarantenaire mariée, tombe amoureuse d'un espagnol divorcé, chargé d'aménager son cabinet...

Une étrange sensation de vide nous étreint à la sortie du film de Catherine Corsini. On se demande si la réalisatrice n'a finalement pas fait que survoler son sujet, provoquant une fin précipitée, comme traitée à la va-vite, à la fois d'un semblant passionnel et d'un abord clinique. Le tout avait pourtant bien commencé, Corsini sachant présenter chacun de ses personnages, de l'homme pressé et friqué devenu distant, à l'amant abîmé et fragile, en passant par la femme au foyer qui voudrait bien reprendre son envol ou tout au moins retrouver un minimum d'indépendance. Les pièces du trio en place, il suffisait alors de dérouler la trame, faite de mensonges, d'humiliations quotidiennes, de jalousies et de passion refoulée, pour installer le drame.

Mais le récit concocter par Corsini, malgré des interprètes formidables de justesse, dans leurs implosions comme dans leurs élans, ne réussit pas à garder son fond de réalisme suffisamment longtemps pour prétendre toucher. Et même si l'on tremble pour le personnage de Scott Thomas lorsque le mari, Attal merveilleux de noirceur désespérée, pète les plombs et s'engage dans une quête de vengeance castratrice, ce sont ses réactions de femme qui ne sonnent pas juste. Alors même si la raison est souvent bien loin de la passion, tout cela, des réactions aux dialogues, reste bien trop simpliste pour justement, passionner.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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