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PARIS

Un film de
Avec

2ème avis – Niveau +1 - De belles performances

PARIS est une série de belles performances d'acteurs. Cédric Klapisch apporte un regard tendre, souvent juste sur ses personnages. Il y a quelques clichés comme le professeur qui couche avec sa jolie étudiante mais ce n'est pas gênant. Après tout la vie est faite de clichés! Les dialogues sont bien construits et on ne s'ennuie pas.

Cependant PARIS est tout sauf un film sur Paris et ses parisiens. On oublie même notre capitale au profit du jeu des acteurs qui est certes très bon dans l'ensemble: Je pense à Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Romain Duris et surtout Julie Ferrier. Cette dernière est fabuleuse et du fait de sa petite notoriété (mais je ne doute pas qu'elle grandisse), c'est elle qui nous fait découvrir le plus Paris.

Romain Duris est bien loin de Xavier de L'auberge espagole avec le rôle de Pierre. Dans PARIS, on le découvre danseur au Moulin Rouge et gravement malade. Son duo avec Juliette Binoche fonctionne parfaitement. Frère et soeur à l'écran, les deux acteurs affichent une belle complicité.

Laëtitia LangueEnvoyer un message au rédacteur

Paris sous tous les angles

Cédric Klapisch est l'un des champions nationaux du film choral. Après des comédies souvent salées, dont les plus célèbres sont certainement « L'auberge espagnole » et sa suite, « Les poupées russes », le voici qui nous livre un film un rien plus grave, vision d'un Paris bigarré où tragédies personnelles côtoient petits bonheurs quotidiens. On y croise pelle mêle une boulangère raciste (Karin Viard) qui découvre les qualités des « beurettes » (Sabrina Ouazani), des vendeurs sur marchés (Zinédine Soualem, Albert Dupontel, Gilles Lellouche et surtout la pétillante Julie Ferrier, véritable découverte, brillante, humiliée, candide et fière), des tops models venues de l'est, un garçon danseur malade du coeur (Romain Duris), sa soeur célibataire (Juliette Binoche), un professeur amoureux (Luchini, délicieusement pathétique) de son élève (Mélanie Laurent) et bien d'autres.

Si l'on découvre la ville sous des aspect quasi enchanteurs, le film donnant réellement envie de vivre là-bas, on n'échappe pas à certains clichés, comme le marché quotidien ou pire, la ballade voulue poétique et finalement interminable à Rungis. La magie a donc ses limites dans ce film multiforme, caléidoscope de destins pour certains brisés en cours de route. Peut être Klapisch en a-t-il trop fait de certains côtés, et pas assez d'autres. On est ainsi étonné du peu de consistance du personnage de Romain Duris dont la gloire de danseur au Moulin Rouge n'apporte rien au film.

Reste un casting impeccable, Juliette Binoche en tête, quarantenaire blessée, incapable de se laisser aller à une nouvelle histoire malgré les encouragements de son entourage. Sa scène de danse avec son frère, essoufflé, restera un des moments marquants du film, comme ses premiers contacts avec un Albert Dupontel bouleversé ou la cruelle mais lucide rupture entre Mélanie Laurent et Fabrice Luchini. Eclaté dans son récit, certainement à l'image d'une ville multi-facettes à laquelle la photographie du film rend sublimement hommage. Une consolation qui fera oublier le fait que le titre de Keane, ciment de la formidable bande annonce, ne figure pas dans le film.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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