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OVERDRIVE

Un film de Antonio Negret

Un "Fast & Furious" du pauvre qui fonce droit dans le mur !

Les Frères Foster ont un passe-temps peu banal : ils s’amusent à voler les plus belles voitures de la planète. Jusqu’au jour où ils dérobent le mauvais véhicule. Empêtrés dans une sombre affaire de règlement de comptes entre mafieux, les deux jeunes hommes vont devoir ruser pour s’en sortir…

Après être apparu dans le dernier volet de "Fast & Furious" avec l’espoir de faire oublier le regretté Paul Walker, Scott Eastwood revient en tête d’affiche de ce nouveau volet de la saga motorisée. Rectification : "Overdrive" est simplement un vulgaire ersatz de la série cinématographique qui mériterait un Oscar selon le toujours très modéré et modeste Vin Diesel. Pour cette parodie grotesque, aux dialogues ridicules et à l’intrigue proche du néant, on retrouve à la production Pierre Morel, qui a dû souffler quelques conseils au réalisateur Antonio Negret (plus habitués aux DTV – Direct to Video - et aux séries TV non premium) pour que le film ne se rapproche Ô grand jamais du bon goût.

Les frères Foster, archétypes du beau gosse au grand cœur, possèdent, en plus de leur plastique de rêve, des talents inégalés pour voler des voitures de luxe. Malheureusement, dans leur quête du plus beau bolide à subtiliser, les deux hommes vont dépouiller la mauvaise personne, et ainsi se retrouver au milieu d’un conflit mafieux. Si le métrage a le mérite d’avoir choisi comme décors les belles routes sinueuses du Sud de la France, tout le reste n’est qu’une plongée interminable vers l’ennui le plus profond. Même les quelques scènes d’action plutôt efficaces ne suffiront pas à sortir "Overdrive" de la vacuité abyssale vers laquelle chaque ligne du scénario tend.

Reprenant grandement les recettes et les valeurs promues par son modèle (l’importance de la famille en particulier), le film manque terriblement de second degré et d’essence dans le moteur pour éviter la sortie de route. Avec une mise en scène clipesque, des acteurs peu inspirés et des méchants dignes d’un cartoon, cet actionner vrombissant ne restera pas dans les annales des divertissements estivaux. On attend surtout de retrouver la belle Ana de Armas dans le très prometteur "Blade Runner 2049" et de voir enfin Scott Eastwood s’émanciper de son illustre patronyme. Quant à Antonio Negret, on aurait presque envie de lui retirer tous les points de son permis de cinéaste…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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