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ORGUEIL ET PREJUGES ET ZOMBIES

Un film de Burr Steers et Joe Wright

Un contraste vite éventé

Dans le salon d'une belle demeure, où les convives jouent ou conversent à différentes tables, Monsieur Darcy arrive avec ses hommes. Posé et toujours poli, il demande si parmi ses invités il n'y aurait pas une créature. Pour vérifier, il lâche des mouches, allant naturellement se poser sur le mort-vivant présent dans la pièce...

Le raffinement des décors, des costumes, mais aussi des bonnes manières, contraste nécessairement dès la scène d'ouverture, avec le massacre qui s'en suit, le zombie se faisant savamment tuer, en caméra subjective, histoire de mieux vivre la décapitation. S'en suit un générique graphiquement prometteur, racontant l'invasion jusqu'à la posture quasi assiégée de Londres, le tout à la manière d'un livre en trois dimensions.

Les amoureux de Jane Austen (auteure du livre Orgueil et préjugés) doivent tout de même savoir que, même si l'histoire de l'avenir des cinq sœurs (ici adeptes du kung-fu !) et de leurs divers prétendants, tout comme la quête d'émancipation féminine ou l'affrontement de façade entre Darcy et la forte tête Elizabeth sont ici bien développés, il s'agit quand même avant tout pour le réalisateur de créer des situations incongrues où viennent s'immiscer le gore et la violence, tellement plus cinématographiques pour les jeunes générations. Précisons aussi que le film est adapté d'un livre (signé Seth Grahame-Smith paru en 2009), issu d'une série à succès reprenant les classiques de la littérature anglaise en version horrifique : « Pride and prejudice and zombies », « Sense and sensibility and sea monsters », ou encore « Dreadfully ever after ».

La finesse est donc vite remise au placard pour faire place aux quatre cavaliers de l'apocalypse zombies, à une femme sanguinaire devenue légendaire et à des hordes de créatures assoiffées de sang humain. Reste le travail sur les décors, avec de belles incrustations en images de synthèse que viennent presque gâcher les chorégraphies des combats aux nombreux effets (ralentis, accélérations...) et qui rappellent le plus souvent les "Resident Evil".

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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