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NIGHT RUN

Le préretraité Liam Neeson continue à fracasser des gens, mais ses bagarres sont de moins en moins intéressantes…

Jimmy Conlon était un tueur à gages très réputé, mais ses crimes d’autrefois ne cessent de le hanter depuis qu’il a arrêté ses activités. Sombrant dans l’alcoolisme et rejeté par un fils qui ne lui pardonne ni ses absences ni son passé de criminel, l’homme, à la dérive, va se retrouver face à un choix : sauver sa progéniture ou être fidèle à ses amis mafieux. La nuit promet d’être sanguinaire…

Le monde tremble. Liam Neeson a annoncé vouloir arrêter les films d’action dans deux ans, usé de dézinguer tout ce qui bouge et las de briser des os à tout va. En attendant, le docteur ès baston poursuit de prescrire ses recommandations quotidiennes : quelques coups-de-pied, beaucoup de coups-de-points, des dents cassés et l’étranglement ou l’arme à feu pour achever le patient. Et à ce titre, « Night Run » ne déroge pas à la règle, entretenant très largement la réputation de Liam Neeson avec laquelle le comédien s’amuse de plus en plus sur les plateaux de télévision.

Jaume Collet-Serra, dont le projet de sa version live d’« Akira » semble au point mort, retrouve l’acteur irlandais après « Sans identité » et « Non-Stop ». Cette fois, il est question de mafia et de relation conflictuelle entre un père et un fils. Jimmy Conlon, connu également sous le doux sobriquet du fossoyeur, était un tueur à gages hors pair et complètement dévoué à son patron et ami, Shawn Maguire. Ils sont les derniers survivants d’une époque où la pègre faisait ce qu’elle voulait dans leur quartier de Brooklyn. Et si rien ne semblait pouvoir les séparer, une sordide soirée va tout changer : le fils du premier assiste à un meurtre perpétré par la progéniture du second, point de départ d’une cascades de rebondissements. Face à cette situation, Jimmy va devoir laisser tomber ses bouteilles et les fantômes du passé et tout faire pour sauver son fils d’une nuit qui lui promet la mort.

Sur un rythme soutenu, les fusillades et les courses-poursuites s’enchaînent, les balles fusent et les coups sont distribués sans interruption. Cependant, ce polar souffre d’un manque considérable d’originalité avec ses ficelles trop évidentes, et pâtit d’une mise en scène catastrophique, où rien ne nous est épargné : des éclairs pour surligner l’intensité de l’action, la pluie pour renforcer la noirceur du métrage, des dialogues dignes d’adolescents pré-pubères et des transitions ridicules. Pourtant, il y avait quelque chose d’intéressant dans cet affrontement entre deux anciens frères d’armes dépassés par des événements qu’ils n’ont pu contrôler. Mais le duel au sommet entre Ed Harris et Liam Neeson est noyé par tous les clichés et les erreurs de ce thriller du pauvre.

Avec des seconds rôles complètement inutiles, et un acteur au jeu plus que défaillant (Joel Kinnaman pour ne pas le citer, bien meilleur lorsqu’il est protégé par l’armure de Robocop), « Night Run » est un beau raté, une série B devenue rapidement une série Z, mais qui ne bénéficie malheureusement pas du potentiel pour devenir un nanar dont on aime se réjouir des défauts. Si la nuit des personnages a été longue, notre séance de cinéma l’a été encore plus…

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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