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NEUILLY SA MERE

Un film de
Avec

Provoc

Le pitch du film ressemble à une provocation en soi. Loin d'être uniquement une allusion lointaine à « La vie est un long fleuve tranquille », dans laquelle un garçon d'une famille pauvre se retrouvait chez des cathos plutôt riches et maniérés, ce point de départ est à la fois l'occasion de parler d'intégration et de progrès social, et de piquer un gros délire en forme de coup de gueule autour d'une fameuse personnalité issue de la ville en question. Du coup, le choix de Neuilly est bien entendu loin d'être anodin.

La ville, très loin de respecter les quotas de logements sociaux imposés par la Loi (SRU), n'est finalement pas tant stigmatisée que les comportements individualistes, qu'il s'agisse de celui du chef de bande Picasso (du nom de la seule cité locale) qui rackette les plus petits, de la cousine éprise de juste sociale (qui veut épouser tous les sans-papiers qui passent) ou du cousin politicien qui a redécoré sa chambre aux couleurs de l'UMP. On se régale d'ailleurs des frasques de ce dernier, habilement portrayé comme un Sarkozy en herbe, qui n'hésite pas à affirmer que sa « chambre, tu l'aimes ou tu la quitte ».

C'est là la principale bonne idée du film. En fourguant sur un unique personnage toutes les rancœurs politiques de ces dernières années, le producteur Djamel Bensalah fait mouche, tout en amusant petits comme grands. Saluons enfin un casting très riche en second-rôles de renom, parmi lesquels Josiane Balasko en directrice d'école compréhensive mais sévère et surtout Valérie Lemercier en voisine injurieuse et délatrice, mais dont le comportement revêt une explication simple et maline. Bref, pour finir l'été, « Neuilly sa mère » se révèle le parfait film pour ados, légèrement politique et bourré de bonnes idées, aussi bien dans que hors cours d'école.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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