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MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME

Un film de Brad Bird

Cruise adore se mettre en danger, et on adore ça !

Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs de l’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

Tom Cruise a moult défauts. L’acteur est probablement mégalomane, et égocentrique. Mais il a du nez et un certain culot. Et pour notre plus grand plaisir il nous livre un quatrième opus de sa franchise « Mission : Impossible ». En tant qu’acteur il peut être très convaincant (se souvenir de son rôle dans Magnolia), et en tant que producteur il sait s’entourer. Le succès des différents « Mission : Impossible » vient bien-sûr de l’intérêt du public pour la série, mais également de la façon dont Tom Cruise a su choisir différents réalisateurs qui ne sont pas uniquement des « yesmen » (honorables réalisateurs techniciens qui sont de simples exécutants à la merci des studios), mais de vraies personnalités du cinéma, de Brian De Palma, à John Woo, en passant par J.J. Abrams.

Brad Bird ne déroge pas à la règle : papa des prodigieux « Ratatouille » et « Les indestructibles », il connaît plutôt bien son métier. Si le suspens quant à son aptitude à faire un gros film « live » en a émoustillé quelques uns, il leur fait ici la nique. Il délaisse un peu les mouvements de caméra affranchis des limites physiques des décors, très visibles dans Ratatouille, pour livrer une mise en scène de facture plutôt classique, mais au service de l’action, et non sur-découpée.

L’introduction, qui prête (volontairement) plus à sourire qu’elle ne donne dans le spectaculaire, annonce un film qui a de l’humour et qui ne se prend que raisonnablement au sérieux, ce qui est salutaire. Dans quelques plans le jeu est un peu excessif, mais Brad Bird montre qu’il a de l’esprit, et qu’il s’intéresse à l’humain. Le scénario, lui, ne déroge pas à la règle des précédents opus : il est dense, parfois un peu compliqué et il avance tambour battant.

Brad Bird s’amuse parfois de la complexité de certaines situations, comme par exemple dans la scène de l’échange des codes contre les diamants, où seuls les membres du protocole fantôme savent à qui ils s’adressent. Également dans la scène où Tom Cruise escalade la tour de Dubaï, et qui a donné l’affiche du film. Cette scène spectaculaire au possible ne déçoit pas : littéralement vertigineuse, Cruise semble à chaque avancée manquer de tomber. Les producteurs ont d’ailleurs mis la main au portefeuille en la tournant en IMAX, ce qui donne une impression d’immersion dans le vide encore plus intense.

Alors pourquoi ne pas l'avoir tournée carrément en relief dans ce cas là me direz-vous, voire même en IMAX 3D (car les deux ne sont pas synonymes) ? Une bonne question, car le film a tout de ces nouveaux blockbusters qui peuvent s’offrir une vraie 3D, pour emporter encore d’avantage le spectateur dans l’aventure. Trop cher ? Mystère et boule de gomme. Contentons nous donc de cet IMAX qui doit durer 15 minutes sur un film de 2h13.

Côté esthétique, nous adressons un petit bémol également au chef opérateur du film qui a tourné certaines scènes avec du grain et des noirs peu convaincants, éléments qui ne sont justifiables ni sur ce type de projet, ni dans l’esthétique des scènes en question, et qui fait d’autant plus tâche lorsque les scènes suivantes, en IMAX, offrent une résolution incomparable.

Mais peu importent ces petites remarques. L’action est nettement présente pour notre plus grand plaisir, la plus part du temps d’une manière assez justifiée (il n’y a pas d’explosions toutes les deux secondes), et surtout, les cascades sont très convaincantes, et le reste de l’action réaliste. Ne parlons pas ici des simples corps-à-corps entre deux personnages qui veulent se faire la peau, mais des vraies cascades où Tom Cruise saute dans le vide (et c’est vraiment lui, dixit le dossier de presse), pour retomber sur ses pattes comme lui seul peut le faire. Et c’est cette troisième qualité de Tom Cruise, ce goût du danger, que l’on est fort content de retrouver, toujours aussi intacte. Les amateurs du genre en auront donc pour leur argent. Les autres peuvent passer leur chemin.

Ivan ChaslotEnvoyer un message au rédacteur

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