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MISS

Un film de Ruben Alves

Une comédie dramatique qui laisse de côté les étiquettes

2004. Dès l’âge de 9 ans, Alex subissait les railleries de ses camarades, alors qu’il rêvait déjà d’être un jour élu Miss France. Quinze ans plus tard, devenu orphelin et vivant dans une colocation à la logeuse haute en couleurs, Alex voit ce désir se réveiller et décide de cacher son identité de garçon. Avec l’aide de ses amis, il va se lancer dans l’aventure, non sans risque d’être démasqué…

Miss film

Nouveau film de Ruben Alves, l’auteur de "La Cage dorée", "Miss" a rencontré un vif succès dès sa présentation en clôture du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez 2020, mi-janvier dernier. Repoussée à plusieurs reprise, dans un contexte épidémique difficile, le film, qui n’est pas qu’une comédie, sort enfin sur les écrans pour ces vacances de la Toussaint. Ode à une certaine idée de la liberté et du droit à être soi-même, le scénario évite intelligemment tout terme « étiquette » pour désigner son héros ou héroïne. Ni transgenre, ni travesti, Alex est un garçon décidé à devenir Miss France (et non Mister France), qui souhaite suivre ses désirs et surtout ce qu’il définit comme lui-même.

Et la prestation d’Alexandre Wetter est tout juste confondante, comme sa capacité à se fondre dans le « moule » Miss France, au sein d’une compétition sans merci. Alors bien entendu, il y aura des grincheux, qui verront en son amie Lola, la prostituée transgenre interprétée avec gouaille par un Thibault de Montalembert inspiré, un cliché ambulant, et qui nieront par là même à la fois l’existence de personnes comme elle et la qualité de jeu de son interprète. Car il faut bien avouer que celui qui est l’un des rôles principaux de la série "Dix pour cent" est ici particulièrement à l’aise dans un rôle périlleux, montrant pourtant différentes facettes, et une vision du monde bien à lui. Il en est de même pour Stéfi Celma (elle aussi actrice dans "Dix pour cent") qui donne ici corps et intelligence à la rivale, devenue camarade de chambrée du héros.

Comme le film bénéficie d’un partenariat avec l’institution Miss France, ne vous attendez pas à une critique acerbe de cet événement, même si les excès du politiquement correct des candidates sont gentiment raillés, plus dans le texte (quelques répliques d’Isabelle Nanty, ou des remarques sur le fish gaze et le duck face…) que dans les rouages du concours. Les défilés et le photo-shoot sont bien évidemment autant d’occasions de dépeindre certains stéréotypes et de questionner au final la notion de féminité, et redonner de l’importance au fond par rapport à la forme. Si la parabole de la chrysalide n’est pas des plus légères, elle fait son effet. À noter l’invitation à Amanda Lear, qui constitue un clin d’œil assez savoureux, autant que le conseil qu’elle donnera au personnage, sur l’authenticité. Ajoutez à cela la prestance de Pascale Arbillot, en responsable des Miss, peut-être moins à cheval sur les traditions qu’elle n’en à l’air, et vous aurez les ingrédients d’une comédie réussie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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