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MAIN DANS LA MAIN

Un film de Valérie Donzelli

Hélène et le garçon

Joaquim et Véro, frère et sœur fusionnels, habitent tous les deux Commercy, la célèbre ville des madeleines. Quand la miroiterie de la commune, où travaille Joaquim, doit réparer les miroirs de l’Opéra Garnier de Paris, ce dernier part prendre les mesures. Une fois sur place, Joaquim se perd dans les longs couloirs de l’opéra et tombe par hasard sur Hélène Marchal une éminente professeure de danse… C’est le coup de foudre et ces deux-là se retrouvent littéralement collés l’un à l’autre sans pouvoir se défaire de ce drôle de sortilège !...

Après le succès de son précédent film « La Guerre est déclarée », qui était aussi son deuxième, Valérie Donzelli livre en tant que réalisatrice son troisième long-métrage « Main dans la main ». Un film qui marquera certainement moins que son précédent mais qui est dans la droite lignée de l’esprit de la réalisatrice. Laissant de côté tout aspect dramatique qui faisait la trame de « La Guerre est déclarée » (même si la maladie, ici cachée, est encore présente et qu’on compte un pied gravement perforé par un talon aiguille !), Donzelli fait un pas chassé du côté de la fantaisie qui, dans son tout premier film « La Reine des pommes », l’avait sacrément faite remarquer et l’avait imposée comme un auteur à suivre. C’est donc, tout en souplesse, délicatesse et finesse, que Donzelli réfléchit aux rapports fusionnels entre deux êtres et qu’elle embarque deux amoureux dans une histoire loufoque et tendre à la Chaplin.

Mais quel étrange titre puisque dans « Main dans la main » il y est surtout question… de pied ! La musique et la danse inspirent toujours autant Valérie Donzelli qui n’en fait plus seulement un gimmick comme avec ses chansons chorégraphiées de « La Reine des pommes », elle l’assimile cette fois pleinement à son script et pose ses caméras à l’Opéra Garnier pour faire de Valérie Lemercier une grande professeure de danse qui doit préparer un frère et une sœur (Elkaïm et Donzelli) à un concours national. Les tutus virevoltent, les entrechats se succèdent, ça balance même en skate-board ! Mais Donzelli franchit un cap intéressant, surtout en termes de mise en scène, quand Lemercier et Elkaïm se retrouvent, tout d’un coup, collés l’un à l’autre après un baiser magique. La gestuelle des corps prend alors une toute autre dimension, Donzelli créant par la force des choses un véritable ballet entre ses deux personnages principaux. Tout déplacement devient ainsi une chorégraphie imposée, comme quand deux danseurs ou un couple de patineurs exécutent les mêmes gestes maintes fois répétés. C’est beau et… drôle à la fois !

On se remémore les grands moments de comédie de Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Et comme les deux protagonistes du film on se trouve lié à eux, eux qui font le grand écart avec une Lemercier de la bourgeoisie assumée face à un Elkaïm de la campagne libérée ! Donzelli envoie donc valser les codes du film réaliste pour le meilleur et pour le pire, certains choix artistiques pouvant énerver quelques spectateurs quand d’autres seront susceptibles de grincer des dents face à une Béatrice de Staël qui en fait souvent des tonnes pour pas grand-chose, alors qu’elle peut également être délicieuse et qu’elle est incontestablement sans pareil pour coller à l’univers et à l’esprit de Donzelli : un monde totalement décalé !

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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