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MA VIE SANS MOI

Un film de Isabel Coixet

CONTRE: Niveau 0 - C'est triste donc je pleure !

Dans une Angleterre plus pluvieuse qu'à l'accoutumée, les déboires sentimentaux d'une jeune femme partagée entre son mari, ses enfants, son amant et sa maladie. La peur, la souffrance et l'amour vont tour à tour se mélanger en elle. Jusqu'à l'inéluctable conclusion…
Affiche du film Julieta

Ce film espagnol se déroule le temps de l'évolution d'une terrible maladie, où la pluie, les pleurs et les cris de détresse se suivent en continue. Le bonheur n'a pas de prise dans ce long métrage où l'accent est porté sur la détresse de son actrice principale. Car si l'héroïne semble aborder sa maladie avec un certain courage, elle ne se laisse que peu de barrières quant aux moyens de la vivre, et de l'annoncer à ses proches.

C'est d'ailleurs ce changement dans sa vie et la fin inéluctable qui l'amènent à se remettre en question et lui permettent de découvrir ses penchants inavouables. Son amant, avec qui elle partage des moments de poésie pure, ses parents avec qui elle tente de renouer le contact (entre un père en prison et une mère dépressive), rien ne lui permet de se raccrocher à une once d'espérance.

Alors le contexte étant déjà très dur, la réalisatrice n'oublie pas sa famille, qui habite dans une roulotte, avec un mari, charmant au demeurant, mais qui vit de petits boulots. Il manquerait plus que ses deux filles se fassent écraser par un train en allant chercher de l'eau sous un temps brumeux, pieds nus et poursuivies par des loups enragés. C'est dire à quel point le scénariste a chargé la mule de la désespérance et de la mélancolie.

D'ailleurs plus le film avance, plus il m'est arrivé de me demander si le but du jeu n'était pas de faire pleurer le plus tôt possible le spectateur. C'est vrai qu'une heure et de mi sans pleurer tiens plus du supplice que de la résistance. Mais à part être sponsorisé par une marque de mouchoir jetable, l'intérêt de ce film reste très faible car à trop vouloir en faire on se détache des vues du personnage principal. Jamais on ne se sent concerné par ses problèmes et son avenir.

Il est dur de suivre le réalisateur dans sa descente en mélancolie, à travers son actrice. Un film mélodramatique avec un grand MELO, trop grand pour le cœur et l'esprit des spectateurs.

Anthony MARDONEnvoyer un message au rédacteur

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