Parce qu'on en a jamais assez !

THE LIMITS OF CONTROL

Un film de Jim Jarmusch

"People just sit there, not saying anything"... "What else ?"

A l'intérieur d'un aérogare, deux inconnus aux allures de mafieux viennent à la rencontre d'un homme et lui confient une mission à travers l'Espagne. Ils lui remettent une boite d'allumettes dans laquelle se trouve un mystérieux code…

Les initiés au cinéma de Jim Jarmusch devraient savoir que les films du cinéaste ne sont jamais faciles pour le spectateur lambda. Leur rythme et leurs dialogues pour le moins décalés ne manquent pas de dérouter, mais aussi de faire tout le charme et la patte du réalisateur. Je dirais, malgré le bien que je pense de Jarmusch, qu'il s'agit là de son film le moins accessible, et même, de l'un des plus ennuyeux de sa filmographie.

Pour faire simple, « The limits of control » consiste en une série de séquences se répétant inlassablement pendant les trois quarts de sa durée. Après dix bonnes minutes de déambulation, le personnage principal s'assoit à la terrasse d'un café, commande deux expressos et reçoit la visite d'un inconnu, qui, après lui avoir versé un monologue sur la vie ou l'art, lui remet une boite d'allumette. Le protagoniste lui en retourne une à son tour, avant d'ouvrir celle qu'il vient de recevoir pour y découvrir un petit mot qu'il prendra soin d'avaler comme un comprimé. On assiste alors à la même scène au moins cinq fois de suite, si bien qu'on a l'impression d'assister au remake d'"Un jour sans fin" version "film d'auteur intello". Jarmusch joue peut-être sur du comique de répétition mais tout cet enchaînement de sketchs laisse de marbre.

Fatalement, l'ennui vient confortablement s'installer à nos cotés. Vautré dans le siège voisin, cet intrus ne parvient à se faire oublier qu'uniquement lors des séquences de voyages, dont la musique enivrante captive sans raison particulière. Bizarrement, ce sont les séquences de dialogues les plus pénibles. Toujours basées sur le même schéma, les différentes rencontres du protagoniste lui déblatèrent systématiquement leurs considérations métaphysiques et totalement hors contexte. Redondant et prise de tête.

Les fans pourront peut-être prendre du plaisir en assistant aux caméos brefs et inutiles de Hiam Abbass, ou Gael Garcia Bernal. Seule l'apparition de Bill Murray, à la fin du film, nous tire de notre torpeur et confère un semblant de propos que je vous laisserais découvrir par vous-même, si vous parvenez à endurer ces deux heures de cinéma métaphorique jusqu'au bout.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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