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LES COMPLICES

Un film de Cecilia Rouaud

Une comédie policière jouissive

Max, la cinquantaine, tueur à gages, découvre qu’il s’évanouit désormais à la vision du sang. Obligé de se reconvertir, il est inquiet, car n’a, forcément, pas droit au chômage. Déprimé, il reste chez lui enfermé, son appartement devenant vite un taudis. C’est alors que se présentent ses nouveaux voisins, Karim et Stéphanie, en couple, qui travaillent tous deux dans le démarchage téléphonique. Menacé d’être éliminé, il se réfugie chez eux, ceux-ci l’aidant à préparer un entretien d’embauche dans leur entreprise…

Les complices film movie

Avant même de découvrir le film, lors de sa présentation au dernier Festival de l’Alpe d’Huez, on se disait que le rôle d'un tueur à gages incapable de supporter la vue du sang (il s'évanouit à chaque fois), et devant donc cesser son activité, allait a priori comme un gant à François Damiens. De par sa carrure, sa capacité à incarner une férocité borderline, l'acteur se fond en effet parfaitement dans ce personnage plongé dans la dépression et obligé de reprendre du service face aux menaces dont il fait l’objet. Mais on ne se doutait pas que William Lebghil, récompensé du Prix d’interprétation masculine, et Laura Felpin ("Je te veux moi non plus" et la série "Le Flambeau") composeraient face à lui un couple aussi irrésistible, l'un sans doute trop gentil, l'autre sans doute trop nerveuse.

Le trio d'interprètes, tout juste magistral, fonctionne ici à merveille, le scénario signé Cecilia Rouaud ("Photo De Famille", "Je me suis fait tout petit"), les baladant entre leurs appartements, un centre de démarchage téléphonique et des décors typiques de films de mafieux (une carrière où des corps peuvent aisément disparaître…). Très bien ficelée, cette comédie allie tension et humour à la perfection, nous régalant de ses retournements de situation, des coups de sang de François Damiens (voir le sort d’un commercial trop zélé…), comme des absurdités comportementales des deux suiveurs, s’amusant du jargon et des attitudes des tueurs, l’un étant qualifié de « petit faon » (en opposition à un « dur »), et l’autre surprenant par une sorte de témérité enjouée. Au final, "Les Complices" s’avère un long métrage à l'humour féroce, détournant les codes des films de tueurs, et exploitant à merveille la distance entre leur monde et le nôtre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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