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LE TEMPS DES SECRETS

Le temps des soupirs

Été 1905 : alors que Marcel Pagnol a terminé ses études primaires, il passe de nouvelles vacances en famille à la « Bastide Neuve » et y retrouve son ami Lili. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, notamment à cause d’une nouvelle rencontre : la jeune et jolie Isabelle…

Le Temps des secrets film movie

L’œuvre de Marcel Pagnol est notamment appréciée pour son apparente sobriété et sa simplicité humaniste. Pompeuse et pompière, cette adaptation ne parvient donc guère à respecter le roman d’origine. Christophe Barratier semble en effet ne retenir qu’une vision caricaturale et franchouillarde du "Temps des secrets" (troisième tome des "Souvenirs d’enfance"), avec une mise en scène et une direction d’acteurs qui manquent cruellement de légèreté et d’authenticité (notons par exemple des accents que les interprètes oublient parfois et appuient trop à d’autres moments).

Il faut dire qu’il plane sur ce long métrage un souvenir marquant dont il est difficile de se défaire : celui du magnifique diptyque d’Yves Robert en 1990, avec "La Gloire de mon père" et "Le Château de ma mère", ce dernier contenant déjà des éléments issus du "Temps des secrets" puisque la rencontre avec la jeune Isabelle y est développée. Tout le long du récit, la version de Barratier souffre donc de cette écrasante comparaison qui ne fait qu’accentuer l’ennui ressenti.

Outre la beauté des paysages, "Le Temps des secrets" n’offre que peu de réjouissances, avec sa réalisation chargée et datée. Et que dire de la manière dont Barratier filme la jeune Isabelle ? Avec sa robe d’un blanc virginal dont on perçoit ponctuellement la transparence, on penche légèrement vers du David Hamilton. Quant à la distribution, le jeu est généralement ampoulé ; seuls les interprètes des personnages les plus comiques s’en sortent mieux grâce à ce registre, c’est-à-dire François-Xavier Demaison (l’oncle Jules), Michel Vuillermoz (Lois de Montmajour) et le jeune acteur incarnant Lagneau.

Le côté ronflant du film est même accentué par la musique de Philippe Rombi, collaborateur régulier de François Ozon, qui travaille ici pour la quatrième fois avec Barratier. Si le compositeur tente ponctuellement d’apporter un peu de féérie (avec un petit côté Danny Elfman), sa partition fait globalement pâle figure face au souvenir inoubliable de la bande originale composée par Vladimir Cosma pour Yves Robert. C’est définitif : on préfèrera donc mille fois redécouvrir le diptyque de 1990 !

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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COMMENTAIRES

Lionel

dimanche 3 avril - 7h17

Le temps des secrets vu ce matin c’est du plagiat du film la gloire de mon père et le château de ma mère . Un plagiat tout au long du film je suis extrêmement déçu !

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