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LE SYNDROME DES AMOURS PASSÉES

Une charmante romcom, aussi marrante qu’innovante

Rémy et Sandra ont beau essayer, ils n’arrivent malheureusement pas à avoir un enfant. Jusqu’à ce qu’un docteur détecte enfin leur problème : le syndrome des amours passés. Bonne nouvelle, la guérison est simple : il suffit de recoucher avec tous ses anciens compagnons…

Le Syndrome des Amours Passées film movie

Rémy et Sandra forment un couple complice, ils adorent passer des heures à discuter de tout et de rien. Même pour prendre un simple selfie, ils vont en débattre, s’amuser à prendre des pauses dans tous les sens. La seule ombre au tableau de cette idylle est leur difficulté à avoir un enfant. Depuis plusieurs années maintenant, ils ont essayé différents traitements, mais rien n’y fait. Jusqu’à ce qu’un spécialiste leur donne enfin un diagnostic : ils sont atteints du syndrome des amours passés, une maladie au nom poétique qui implique un blocage lié aux relations précédentes. La bonne nouvelle, c’est que pour en guérir, pas besoin d’un traitement lourd ou d’une opération, il suffit de recoucher avec tous ses anciens partenaires sexuels. Tous ! Les coups d’un soir comme les histoires d’amour de plusieurs années. Soit le début d’un pitch loufoque et complètement barré.

Comédie joliment absurde et gentiment narquoise, le film est aussi la mise en lumière d’un duo d’acteurs au diapason, dont les joutes verbales nous offrent de délicieux moments. Après les récents "À la folie" et "Lucie perd son cheval", Lucie Debay poursuit son ascension dans notre paysage cinématographique et confirme tout le bien que l’on pensait d’elle. À ses côtés, Lazare Gousseau, aperçu notamment dans la série d’Arte, "Les Hautes herbes", est une révélation, sa gouaille et ses mimiques esquissant parfaitement ce personnage de dandy souvent dépassé par la situation. Ajoutons à cette paire une galerie de seconds rôles tous plus excentriques les uns que les autres, et nous obtenons un panorama haut en couleurs où la surenchère est de rigueur.

Si la prestation à l’écran suscite de l’enthousiasme, celle derrière la caméra n’est pas non plus à négliger, Ann Sirot et Raphaël Balboni (à qui l’on doit le très inventif "Une vie démente" avec déjà Lucie Debay) réussissent une nouvelle fois le périlleux exercice de mêler l’humour à des thématiques plus dramatiques, même si, ici, le curseur est nettement placé du côté de la galéjade. Au-delà de ce postulat déjanté, le couple de cinéastes ose s’abandonner à une esthétique fantasmagorique, balayant les scènes attendues de sexe au profit d’épisodes beaucoup plus lyriques. Si de par le procédé, une certaine redondance tend à essouffler la drôlerie des premiers instants, le rythme et l’énergie de l’ensemble nous feront bien vite oublier ces quelques réserves. La Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2023 ne s’y est pas trompé en invitant cet OFNI, ou Objet Filmique Non Identifié, en séance spéciale.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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