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L'ORIGINE DU MAL

Un film de Sébastien Marnier

Un scénario redoutable, pour une comédie de classes au casting de haute tenue

Travaillant dans une conserverie, où elle met notamment en barquette des sardines, Stéphane se décide enfin à appeler cet homme dont lui parlait sa mère. Émue, elle accepte de le rencontrer sur le port de Porquerolles, île où il réside dans une luxueuse villa. Mais après leur conversation, Serge l’invite à déjeuner chez lui, à la grande surprise de sa femme, Louise, et de sa fille, George. A table, elle prêtant être propriétaire de la conserverie où elle travaille…

L'origine du mal film movie

Au Festival de Venise, il fut bien difficile de se procurer une place pour découvrir le film de Sebastien Marnier, "L’origine du mal", présenté en ouverture de la section Orizzonti Extra. Il faut dire que les principaux interprètes avaient fait le déplacement avec le réalisateur : Jacques Weber (le père), Dominique Blanc (sa femme), Dora Tillier (sa fille, qui dirige ses entreprises) et bien entendu Laure Calamy (la fille illégitime). Le déplacement en valait la chandelle, le scénario de Sébastien Marnier ("L’heure de la sortie") jouant de la notion de mensonge, chacun des personnages se composant un rôle face à la pièce rapportée (Laure Calamy) ou face aux postures des autres. Installant en quelques scènes la différence de classe sociale entre la fille illégitime et l’ensemble de la famille, mais aussi les tensions entre le père et le trois femmes réunies dans la maison, Sébastien Marnier déroule ensuite un scénario à rebondissements qui réserve des surprises jusqu’au bout.

Mais le film doit bien entendu beaucoup à ses interprètes. Jacques Weber joue le père, entre dédain et complicité intéressée. Dominique Blanc est parfaite en maîtresse de maison à la collectionnite aiguë et dont la bienséance de façade masque à peine les intentions (un coup de chapeau au passage à l’équipe de Direction artistique qui a du remplir la villa de plus de 3000 objets pour lui donner un aspect intrigant de brocante). Dora Tillier fait des merveilles en fille sans empathie, dont l’absence apparente d’ambiguïté ne les réduit cependant pas à sa seule ambition démesurée. Laure Calamy navigue quant à elle avec une aisance certaine entre plusieurs facettes, surprenant à nouveau ceux qui ne sont pas encore fans. Enfin, la québecoise Suzanne Clément, qui incarne l’amoureuse emprisonnée de Laure Calamy, revêt un rôle bien plus important qu’il n’y parait. De quoi se laisser convaincre d’embarquer dans ce quasi huis-clos ensoleillé, aux personnages délicieusement ambigus.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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