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L'OMBRE DE GOYA PAR JEAN-CLAUDE CARRIÈRE

Un documentaire comme un éloge funéraire

À travers l’histoire de Goya et son œuvre, un portrait croisé se tisse entre le peintre espagnol et Jean-Claude Carrière, fervent admirateur de l’artiste, que le réalisateur filme peu avant sa disparition à l’occasion d’un ultime voyage en Espagne…

L'Ombre de Goya par Jean-Claude Carrière film documentaire documentary movie

C’est un film qui aurait pu être autre. Un film qui, face à un stop inattendu, a pris un virage. Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste français, est le fil rouge de ce documentaire sur Goya dont l’idée originale était celle de suivre ce vieux sage malicieux sur les traces du peintre qui le passionnait tant. Mais le vieux sage s’est éteint en février 2021, remettant en cause une partie du scénario du film. Un étrange entremêlement des histoires respectives du peintre et de l’écrivain semble avoir été imaginé à la suite de son décès. Dès les premières minutes du film, le ton est donné : Carrière, filmé à la va-vite dans un train, l’image un peu tremblante, devise gaiement sur la vie et on ne peut s’empêcher de penser que ces images ne devaient certainement pas être destinées à être montrées. Plus tard, se succèdent des souvenirs que partagent sa femme et un de ses amis proches, puis ce qui a tout l’air d’être un éloge funéraire du peintre et cinéaste Julian Schnabel.

Et Goya dans tout ça ? Goya est toujours là, bien ancré dans ce documentaire dont il n’est cependant plus le personnage principal mais une sorte d’ombre qui plane sur l’œuvre de Carrière et, par extension, de Luis Buñuel dont il était le proche collaborateur. Il plane aussi sur les visiteurs d’une exposition qui lui est dédié et sur des experts dans des domaines divers, invités à parler de leur relation avec le peintre. Au premier abord, alors, le film semble aussi décousu qu’un vieux bouton. Et puis, lentement, patiemment, le fil se resserre et on se rend compte qu’on en a finalement beaucoup appris sur Goya, sa vie, son œuvre, sa noirceur.

Alors peut-être, pour apprécier ce documentaire, faut-il être prévenu de ce que l’on s’apprête à voir : quelque chose d’un peu bancal, qui s’éparpille parfois, mais un film cependant de passionnés, sur des gens passionnants.

Amande DionneEnvoyer un message au rédacteur

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