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KLAUS

Un film de Sergio Pablos

L’affaire est Klaus !

Alors qu’il est habitué au luxe depuis son enfance, Jesper est contraint par son père de suivre une formation de facteur. Malgré son échec volontaire aux examens, son père l’envoie sur une île du cercle polaire avec la mission d’y développer l’activité postale s’il veut profiter à nouveau de l’aisance familiale. Sur place, il comprend que la tâche paraît impossible, car les habitants ont plus l’habitude de s’envoyer des coups et des insultes que des courriers…

Sortie le 15 novembre 2019 sur Netflix

S’il s’agit de sa première réalisation, l’Espagnol Sergio Pablos a déjà un long CV dans le domaine de l’animation : passé chez Disney, où il a notamment été animateur sur "Le Bossu de Notre-Dame" et "Hercule" puis character designer sur "Tarzan", il a ensuite créé sa propre société pour fournir des services à différents studios, travaillant ainsi sur "Rio" (là aussi comme character designer), "Astérix et les Vikings" ou encore "Nocturna, la nuit magique". Mais ce qui l’a véritablement propulsé plus haut, c’est la création de l’histoire de "Moi, moche et méchant".

Alors que certains peuvent être paralysés après un succès monstrueux, Pablos n’a pas laissé sa créativité aux vestiaires en s’attaquant au mythe du père Noël, ce qui n’était pourtant pas un pari gagné d’avance, tant les films de Noël sont trop souvent saturés de miel ou de naphtaline. Mais ce pseudo-genre peut ponctuellement donner lieu à des relectures plus inventives, comme l’a récemment prouvé Alain Chabat avec "Santa et Cie". Avec "Klaus", Sergio Pablos entre de plain-pied dans ce cercle fermé (et polaire) des films de qualité sur les traditions noëlesques.

L’un des meilleurs aspects de "Klaus" tient dans son côté « burtonien », parvenant à détourner les marqueurs des films d’épouvante sans pour autant devenir effrayant pour les plus petits. L’étrangeté (voire la monstruosité) de situations ou de personnages, comme les enfants au teint blafard et au regard vide qui plantent plusieurs carottes dans leur bonhomme de neige, résonne donc différemment pour les enfants ou les adultes, qui ne rient ou ne réagissent pas toujours au même moment.

Mais la prouesse est encore ailleurs : parvenir à parler du père Noël sans jamais recourir au merveilleux ou à la magie, hormis ponctuellement de façon suggérée et métaphorique, en laissant donc la place à une libre interprétation (pour le rôle du vent et la fin). Le scénario propose donc de revisiter le mythe en lui donnant une explication plutôt rationnelle (la naissance du mythe des rennes volants, par exemple, s’avère très drôle), ce qui n’empêche évidemment pas de s’écarter du réalisme et d’exploiter à la fois l’onirique, la fantaisie et le burlesque. Conséquence : le film devient un vrai régal pour tous les âges, chaque spectateur pouvant s’approprier l’histoire selon ses repères ou ses croyances.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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