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LES JOLIES CHOSES

Un véritable coup de poing

Lucie, fille facile venue à Paris pour devenir actrice, décide de se faire de l'argent en montant une combine avec sa sœur jumelle et son meilleur ami. L'une chantera et l'autre sera le corps de la chanteuse. Le soir du premier concert de la vrai voix (Marie), vêtue de façon très sombre, à l'opposé de l'image aguichante et sexy de sa sœur, connaît un véritable succès. De retour à l'appartement, elle découvre Lucie, suicidée. Elle décide alors de prendre sa place…

Tiré du roman de Virginie Despentes, connue surtout pour son interdit de Baise-moi, le film de Gilles Paquet Brenner est une véritable œuvre d'auteur. Non uniquement par les mots crus et acerbes de l'écrivain, mais tout autant par la qualité indéniable de la mise en scène, à la fois fluide, posée et nerveuse. L'intelligence des plans, des mouvements de caméras hypnotiques, vient appuyer un récit aux consonances étranges, et au parti pris non linéaire.

Certains regretteront la fin à la fois trop facile et trop dure, ou la peinture appuyée et sentencieuse du milieu de l'édition musicale. Le propos, emprunt, comme l'héroïne, d'un dégoût constant, reste toujours fin et intelligible.La fée des contes transforme ici 'le Naf-naf en Prada' et la société de consommation en prend pour son grade.

Même les scènes musicales sont réussit, ceci étant assez rare pour être signalé. La magnifique chanson titre est interprété en live par Marion Cotillard, puissante actrice à l'immense avenir, passant de l'innocente et vulgaire délurée, à la rebelle arriviste et haineuse.

Le reste de la distribution est remarquable, de Bruel, en producteur cupide et faussement intègre, à Titoff, en petit copain trompeur, en passant par le décidément excellent Stomy Bugsy, ami fidèle et (un peu trop) direct. Si l'on devait retenir une chose de ce film: mieux vaut ne pas être innocent dans l'univers de Despentes et Paquet Brenner.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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