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IL NE FAUT JURER DE RIEN

Un film de Éric Civanyan

Mieux vaut ne jurer de rien

Paris, 1830. Valentin (Jean Dujardin) se perd dans l’alcool, le jeu, les femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l’amour. Son oncle Van Buck (Gérard Jugnot) ne croit, quant à lui, qu’aux vertus de l’argent et du commerce. Tout les sépare jusqu’au jour où Van Buck, pour améliorer son image de marque et son commerce, va vouloir faire épouser à Valentin une jeune Baronne désargentée (Mélanie Doutey). Valentin, qui n’a absolument aucune envie de se marier, parie avec son oncle qu’il peut aisément la séduire en 24 heures et donc prouver qu’elle, comme toutes les autres, ne vaut pas la peine d’être aimée. Mais Cécile, qui, elle, croit au véritable amour, va s’avérer beaucoup plus coriace à éblouir que prévu, et Valentin va devoir user de tous les stratagèmes pour espérer gagner son pari. Le jeu du chat et de la souris commence… Mais qui est le chat ? Il ne faut jurer de rien…

Eric Civanyan est un habitué du théâtre et de la comédie (« Espèces menacées » et « Etat critique » au théâtre, « Tout baigne » au cinéma). Entouré de deux acteurs complètement à l’aise dans la comédie, Gérard Jugnot et Jean Dujardin, Civanyan avait toutes les cartes en mains pour réaliser une jolie comédie. D’autant plus qu’il a adapté ici (de façon totalement libre) les écrits d’Alfred de Musset (principalement On ne badine pas avec l’amour), œuvre intemporelle et capable de séduire un très large public, quelle que soit la génération.

Malheureusement, à trop naviguer entre fresque historique, film de cape et d’épée, comédie romantique, adaptation théâtrale, et histoire contemporaine, on ne sait jamais où l’on est, et l’on finit pas s’y perdre. Et malgré toutes les meilleures intentions, du réalisateur comme des acteurs, Civanyan n’arrive pas à donner suffisamment de profondeur aux personnages pour les rendre attachants. Il ne fait, finalement, que survoler les thèmes qu’il voulait traiter, comme la noirceur de Valentin, sorte de héros romantique (Dujardin), ou la relation entre celui-ci et son oncle, Van Buck (Jugnot).

Il en reste un film qui tente d’être drôle, mais qui ne l’est pas vraiment, et qui transforme l’amour en une espèce de mièvrerie fleur bleue… Dommage car le duo d’acteurs Dujardin – Jugnot fonctionne plutôt bien, complété par la fraîche et agréable Mélanie Doutey.

Stéphanie PalisseEnvoyer un message au rédacteur

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