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HÔTEL TRANSYLVANIE

Un film de
Avec

À mourir... de rire

« Hôtel Transylvanie » commence comme un conte gentillet, décrivant l'amour irrationnel d'un vampire pour sa fille, et son caractère surprotecteur dû à une peur immense de la voir subir le même sort que sa mère. Le papa gâteau (et gâteux) prend la guitare et nous sort alors une petite chanson moqueuse, avec les pires paroles légèrement scato. Nous voilà donc rassurés quant à la tournure finalement impertinente de ce dessin animé.

Après une installation efficace et rythmée, faite de vols et transformations en chauve-souris, voici que l'on découvre un à un les clients de cet hôtel devenu forteresse par peur des étrangers, plus monstrueux les uns que les autres. On notera la présence parmi eux de la créature de Frankenstein, arrivant dans une caisse en pièces détachées, d'une momie, de Bigfoot, dont on ne voit jamais que le pied gigantesque... Ils forment ainsi une bande réjouissante et colorée, qui enchantera les petits et les grands.

Jouant de tous les clichés sur les vampires, le scénario évacue rapidement les questions sur la véracité des effets de l'ail, de la réalité de l'absence de reflets, ou de l'efficacité du pic dans le cœur. Car comme le dit si bien le papa vampire : qui ne mourrait pas de cela ? Il se concentre alors sur les envies de liberté de sa fille, thème classique du passage à l'âge adulte et de l'émancipation dans de nombreux dessins animés.

Mais « Hôtel Transylvanie » s'avère surtout original pour le portrait réaliste et railleur du jeune ado envahissant qu'il dessine. Car l'intrus qui est arrivé jusqu'au château, outre son franc-parler et son insouciance juvénile, dispose d'une hygiène douteuse (les sous-vêtements de randonneur qui sentent mauvais...), et d'un goût prononcé pour les blagues crétines et pour les monstres, ceci bien sûr avant de découvrir qu'il est entouré de véritables créatures.

La bonne idée du scénario est alors de faire tourner l'intrigue autour de l'organisation de la fête d'anniversaire de la fille vampire, et de transcrire une jolie comparaison entre les loisirs imaginés par le père, et ceux plus fun inventés par le gamin incontrôlable. Soulignant, dans une scène mémorable, la dimension chiantissime du bingo (aussi lent que ceux qui y jouent – du fait de l'âge peut-être...), le scénario n'épargne personne. Bref, entrez donc dans le château le plus débridé du monde, et n'hésitez pas à vous amuser autant que vos gosses !

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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