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HARCELES

Un film de Neil Labute

"Ça peut être cool d’habiter près d’un flic, on pourra lui emprunter ses menottes !"

Un jeune couple, fraîchement emménagé dans la région de Los Angeles en Californie, est la cible de leur voisin, un policier noir, qui semble désapprouver leur relation interraciale. Le couple essaie vainement de trouver une solution amicale mais rien n’y fait, l’unique moyen pour calmer le jeu, semblerait qu’il prenne la décision de quitter les lieux, ce qu’il refuse. Le couple décide donc de répondre aux harcèlements par les mêmes attaques ! La spirale est enclenchée…

Partant d’un pictch sympa (que faire si votre voisin vous harcèle alors qu’il est lui-même flic ?), "Harcelés" regorge également de sous-thèmes justement exploités que sont entre autres le racisme et la famille décomposée ou mixte. C’est Neil LaBute, réalisateur de "En compagnie des hommes" et "The wicker man", qui est au commande de ce film multi-genre. Tour à tour film d’action, social et catastrophe, "Harcelés" bénéficie d’un bon scénario écrit à deux mains entre le réalisateur et David Loughery, auteur de l’histoire originale.

Chris et Lisa sont un jeune couple qui réalise son rêve en achetant une magnifique maison en Californie, à Lakeview Terrace. Elle est noire, lui blanc. Ils font connaissance avec leur voisin Abel, policier de profession qui assure aussi la garde du quartier, rassurant l’ensemble des résidents. Mais Abel est gêné par ce couple mixte et commence à le leur faire savoir en coupant leur air conditionné, en leur crevant les pneus, ou en faisant des fêtes à point d’heure et en essayant de défaire le couple… un enfer pour Chris et Lisa qui ne savent plus vers qui se tourner, Abel usant de ses relations et de son pouvoir pour se sortir d’affaire.

Neil LaBute entretient parfaitement l’atmosphère tendue entre les voisins de bout en bout de son film. Cette escalade de tension est, dans le film, mise en relation avec un incendie qui d’abord lointain se fait de plus en plus présent et menaçant, à l’image des agissements d’Abel contre le jeune couple. Samuel L. Jackson est franchement détestable en père de famille autoritaire, effrayant en flic aux manières expéditives et angoissant en voisin paranoïaque à la limite de la folie… Face à lui Patrick Wilson ("Hard candy", "Little children") et Kerry Washington ("Ray") font des merveilles en interprétant un couple pas si lisse et qui a encore des comptes à régler. Le film remplit « haut les mains » son objectif de divertissement en se payant le luxe d’aborder des sujets sociaux traités de manière fort juste. On en demandait pas tant !

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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