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LA GUERRE EST DÉCLARÉE

Un film de Valérie Donzelli

Ensemble, c'est tout !

Juliette aime Roméo, Roméo aime Juliette. De leur union naît un petit garçon : Adam. Voilà une belle histoire qui, malheureusement, chavire à l’annonce de la maladie de l’enfant. La guerre est alors déclarée...

Transposés à l’époque moderne, les héros de Shakespeare peuvent enfin s’aimer librement. Malheureusement, la tragédie les rattrape lorsque leur fils est atteint d’un cancer. Le récit de Roméo et Juliette, c’est celui de Valérie et Jérémie, tous deux auteurs du film et une nouvelle fois interprètes de leur histoire. Une œuvre sensible, en partie autobiographique, qui se détache habilement du mélo larmoyant en approchant le tragique avec une légèreté authentique.

Avec “La guerre est déclarée”, Valérie Donzelli confirme un vrai talent d’auteur. Son style attachant décortique les sentiments humains avec une charmante perspicacité. De belles réparties, quelques chansons, une touche d’humour, soulignent les traits de ses personnages dans ce qu’ils ont de plus beau. Portés par une voix-off objective, les doutes et les dérives de chacun se révèlent avec une profonde justesse. Fluide, sa caméra fait la part belle au quotidien et à tous ses petits événements qui, mis bout à bout, font de l’insurmontable un malheur presque vivable.

Les auteurs abordent leur vécu avec un réel besoin de s’en échapper. Ensemble, ils n’entendent qu’un seul mot d’ordre : trouver du réconfort… auprès de leur famille, hétéroclite et attentionnée, mais aussi auprès de leurs amis avec qui ils font la fête pour décompresser. Ainsi, ils se laissent aller à une certaine insouciance pour pouvoir mieux s’occuper du petit garçon, mais aussi pour sauver leur couple tant qu’ils le peuvent.

“La guerre est déclarée” est, comme son nom ne l’indique pas, une très belle histoire d’amour où la fusion n’est pas uniquement passionnelle. Une profonde complicité unit les deux personnages, comme s'ils n’avaient toujours été qu’un. Une symbiose qui, à chaque mauvaise nouvelle, les préserve de sombrer, afin de se porter chacun et faire front contre l’angoisse.

Valérie Donzelli a joué gros avec un tel sujet, et cela sur tous les plans. Pourtant, elle réussit son film haut la main, écartant avec une parfaite maîtrise tous les écueils d’une telle entreprise. Un deuxième long-métrage magnifique qui la propulse sans équivoque dans la cour des grands !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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