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GRACE DE MONACO

Un film de Olivier Dahan

La Grace perdue d'Olivier Dahan

Alors qu'elle vient d'épouser le Prince Rainier de Monaco, Grace Kelly, actrice américaine, a bien du mal à se faire à ses nouvelles fonctions. La visite de son ami Alfred Hitchcock, venu lui proposer le rôle principal de "Pas de printemps pour Marnie", rajoute encore à sa confusion. Elle tente alors de prendre conseil auprès de son prêtre américain...

Le film s'ouvre sur un plan séquence présentant l'actrice Grace Kelly, sortant du tournage d'une scène, jusque dans sa loge. Filmée de dos, on ne perçoit d'elle que son léger déhanchement, et surtout sa chevelure blonde, jusqu'à ce qu'on découvre son visage grâce au reflet dans son miroir. L'idée était plutôt bonne, le réalisateur espérant peut-être inscrire une parabole de celle qui tournera le dos à son public par amour ; le spectateur, lui, espérant que le portrait qui va venir sera porteur d'un certain mystère. Il n'en sera malheureusement rien.

Car le nouveau film d'Olivier Dahan ("La Môme", "Les Seigneurs"), malgré tous ses efforts pour générer une intrigue, n'arrivera pas à instaurer le moindre suspense, ni quant à l'acceptation du rôle proposé par Hitchcock, ni avec l'histoire d'espionnage, ni même réellement avec le fameux affrontement diplomatique de 1962 avec la France. Jouant sur la nécessité pour la Princesse de faire un choix entre protocole et carrière d'actrice, le scénario accumule les discussions stériles et péniblement audibles, entre cavalières (sur le fait de "ne pas abandonner"), ou avec le prêtre américain qui sert de confident (sur le rôle qu'elle doit jouer en tant que princesse), ne réussissant même pas à traduire l'isolement dans lequel se retrouve son Altesse, et que Nicole Kidman seule arrive à personnifier.

D'ailleurs Dahan n'est jamais meilleur que lorsque qu'il filme le visage de son actrice, ses moues contrariées et son regard embué. Il nous offre tout de même quelques jolis moments de tension entre mari et femme, notamment lors d'un repas où son mari (Tim Roth, aux abonnés absents) lui rappelle qu'elle "était juste une actrice" avant de le rencontrer, et où elle rétorque avec fougue. Reste que le film ferait regrettablement passer la diplomatie pour un simple jeu d'image et de rapport aux médias. Et que la photographie léchée ne fait pas oublier les interrogations sur un scénario qui fait passer la princesse pour la sauveuse de Monaco, tout en prenant vraisemblablement un certain nombre de libertés avec l'Histoire. Ceci sans parler du discours final sur la nécessité de protéger la beauté et l'amour, qui justifierait presque honteusement toute les actions des paradis fiscaux... Formidable !

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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