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GIRLS ONLY

Un film de Lynn Shelton

Une comédie fraîche et divertissante

Megan a beau se rapprocher de la trentaine, elle est restée une adolescente dans sa tête. Mais ses copines ont, elles, bien grandi, se mariant et fondant des familles. Suffocant dans cette vie qui la rapproche de plus en plus du mariage et de la maisonnette bien rangée, elle prétexte un séminaire pour se faire la malle. Et sur son chemin, elle va croiser une jeune fille avec qui elle va nouer une étrange amitié…

Lynn Shelton, surtout connue de notre côté de l’Atlantique pour sa comédie homo-érotique "Humpday" où deux amis se lançaient dans l’idée de tourner un porno ensemble pour un festival local, revient avec une comédie plus romantique. Dans "Girls only", la caméra suit la belle Megan, bientôt trentenaire, mais encore adolescente dans sa tête. Et alors que toutes ses amies franchissent l’étape du mariage et des enfants, elle, au contraire, essaye par tous les moyens de ne pas prendre le départ de cette course. Cependant, elle sent bien l’étau se resserrer et, progressivement, la pression l’étouffe. Au point de la pousser à prendre des vacances loin de son quotidien. Enfin pas si loin que cela, puisqu’elle va trouver refuge dans le quartier, précisément dans la maison d’une jeune fille qu’elle connaît à peine.

C’est alors une petite comédie indé très charmante qui se dessine sous nos yeux. Rien de bien nouveau dans cette description de la crise existentielle d’une trentenaire, mais la fraîcheur et le ton du métrage suscitent notre engouement et titillent nos zygomatiques. Les ficelles sont apparentes, on devine très rapidement le dénouement, mais peu importe, la délicatesse de l’écriture et l’énergie de cette romance sympathique nous font (presque) oublier tous les défauts du film. Ode à l’amitié et conte moderne, "Girls only" aurait probablement mérité une trame narrative plus développée, le spectateur devant se contenter de tranches de vie plus ou moins intéressantes. Sauf que les comédiens excellent dans cet exercice, nous offrant de vrais fous rires et des moments plus nostalgiques.

Si le duo Moretz/Knightley fonctionne parfaitement, il se fait voler la vedette par le personnage de Sam Rockwell, aussi attachant que délirant, malheureusement pas suffisamment exploité. Quelque peu ankylosé par un rythme nonchalant, le film ne prendra jamais véritablement son envol, refusant de s’emparer de la dimension corrosive des péripéties de sa protagoniste. Toutefois, mignonne plus que transcendante, cette comédie suffit à nous faire passer un bon moment, nous rappelant, par la même occasion, que ça fait du bien aussi de faire ressortir son âme d’enfant de temps en temps…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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