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FIRES ON THE PLAIN

Un film de Shinya Tsukamoto

Bad Trip

Un soldat japonais fait des aller-retour dans la forêt, entre son commandant qui le considère inapte et l'hôpital de brousse qui refuse de le considérer comme un cas urgent. Fiévreux, il commence à délirer, la réalité se transformant peu à peu...

Pendant le premier quart d'heure du film, les choses semblent encore relativement claires. Entre les deux lieux, camp et hôpital, le soldat a le temps de se remémorer le débarquement sur l'île des Philippines où il se trouve, et d'autres moments de cette guerre, mais vu son état, la ballade commence à intégrer quelques hallucinations...

C'est ainsi que le nouveau film de Shinya Tsukamoto, auteur de "Tetsuo", nous happe dans les tourments d'un conflit sanglant et inhumain (la seconde guerre mondiale), suivant un personnage qui dans de nombreuses scènes passera au travers non des gouttes mais des balles, pour mieux affronter ensuite une nouvelle agression. La scène justement, où, tentant de défendre l'un de ces camarades, agressés par plusieurs hommes, il devra la vie à une rafale de mitraillette, dont on suit visuellement le tracé derrière lui, puis jusqu'à une maison, en passant par le crâne de son agresseur, est particulièrement remarquable.

Au réalisme du film original (1959, Konishikawa), Tsukamoto préfère créer un cauchemar éveillé, plongeant son personnage dans un chaos mental que la caméra mouvementée rend à merveille, même si elle donne parfois le tournis. Montrant les peurs, les tortures, les sévices liés à la faim, les assauts violents, la violence envers les civils locaux, et la quête éternelle de nourriture (ici les racines d'igname ont un rôle particulièrement important), clé de marchandage ou d'échange qui peut aussi rendre malade, le film bouscule à la manière d'un mauvais rêve, nous laissant au réveil quelques images tenaces.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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