FIORE

Premiers émois amoureux derrière les barreaux

Daphné vit dans la rue et accumule les vols de portable. Un jour elle se fait arrêter et se retrouve emprisonnée dans un centre de détention pour mineurs mixte. Adolescente au caractère bien trempé, Daphné se retrouve vite à l’isolement. Seule dans la cour elle fait la connaissance de Josh, incarcéré lui aussi, mais dans l’aile des garçons…

Fiore film image

Pour écrire une belle histoire d’amour, il faut créer de l’adversité et des interdits qui exaltent la passion et décuplent les émotions. Pour ce faire, Claudio Giovannesi a choisi un décor qui démultiplie ces handicaps : le milieu carcéral. Pour préparer son film, lui et son équipe se sont engagés quelques mois comme enseignants bénévoles au sein d’un établissement pénitentiaire pour mineurs. Pour intensifier cette immersion, le réalisateur a fait appel à des acteurs non professionnels qui pour la plupart sont d’anciens détenus comme Aniello Arena, connu pour avoir eu le premier rôle dans "Reality" de Matteo Garrone alors qu’il était encore incarcéré dans une prison toscane.

Daphne Scoccia qui tient ici le premier rôle, fut elle remarquée alors qu’elle travaillait comme serveuse dans un restaurant. Avec ses petit airs de Kristen Stewart, elle porte le film à bras le corps avec une puissance de jeu remarquable pour une actrice non professionnelle. Son personnage, porté par la fougue de ses 16 ans, tente de se forger une carapace pour cacher sa détresse. Abandonnée par un père fragile qui tente de se rassurer auprès d’une compagne exclusive, Daphne découvre l’amour auprès de Josh. Confinés chacun dans une aile de la prison, ils ne peuvent s’approcher et vivent leur idylle par l’intermédiaire de petits mots cachés dans un chariot de cantine.

Les obstacles qui empêchent les amoureux de se retrouver, sont amplifiés par une atmosphère électrique entre les matons et les détenus. Une relation oscillant entre maternage et discipline qui exalte les passions des deux côtés des grilles. Avec "Fiore", Claudio Giovannesi nous propose une immersion juste et sensible dans un milieu où chacun tente de se reconstruire dans la rigueur et le rapport aux autres, le temps d’une peine courte mais qui laisse des traces. Un film puissant qui révèle une véritable actrice pour qui une belle carrière cinématographique serait la plus jolie des « réinsertions ».

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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