Parce qu'on en a jamais assez !

THE FACE OF LOVE

Un film de Arie Posin

Questions intéressantes pour mélo embarrassant

Cinq ans après la disparition de son mari, avec lequel elle a été mariée près de 30 ans, Nikki continue à refuser d'affronter le passé. Alors qu'elle se décide enfin à retourner dans le musée d'art de Los Angeles dans lequel elle avait l'habitude de passer du temps, elle croise un homme qui semble être le sosie de son défunt mari. Passée la surprise, elle décide de le séduire...

Il y a plein de bonnes intentions à l'origine de "The Face of Love". Il y a surtout tout un tas de questions que chacun pourrait se poser s'il était amené à perdre l'être aimé. Il s'agit par exemple de la capacité de chacun à laisser le passé de côté, sur la possibilité de retrouver les mêmes sensations face à une autre personne, sur l'influence du physique dans la formation de l'amour...

En mettant le personnage d'Annette Bening face au double de son défunt mari, c'est forcément à un bouleversement que le scénario va nous mener. Ou tout au moins à la résolution d'un drame qui n'a jamais pu être discuté ou même accepté (l'homme s'est noyé lors d'un voyage au Mexique). Douleur, doutes, impossibilité d'afficher la relation, malaise de l'entourage sont donc convoqués ici dans un mélo qui n'évite malheureusement pas certaines facilités.

On s'étonne d'abord que le personnage du voisin, autre veuf potentiellement amoureux soit si rapidement évacué dans ses propres enjeux. La scène où Robin Williams évoque son désir semble une vaste plaisanterie, pleine de condescendance, l'histoire réduisant par la suite ses caractéristiques à de la simple jalousie. Si les errances du début, montrant que le personnage de Nikki voit encore son mari de partout, tel un fantôme évoqué par des lieux, des objets, la silhouette d'un homme qui passe, sont plutôt bien amenées, son inclinaison à intégrer son amant dans son délire passéiste, ne prend pas vraiment.

De réflexions qui font sens et traduisent son état d'esprit (« c'est comme se sentir vivante à nouveau »), on passe à des interrogations ridicules ou faciles du genre « je suis ta muse ». Le film sombre alors dans le mélo au suspense facile, consistant à retarder le moment où l'homme découvrira l'aspect de celui qui l'a précédé. Reste l'interprétation habitée d'Annette Bening, et la bonne idée du tableau à la fin. Mais ça ne fait certainement pas un grand film.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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