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ENTOURAGE

Un film de Doug Ellin

Bienvenue à Hollywood !

Suite à l’échec de son mariage, la star hollywoodienne Vincent Chase décide de reprendre le chemin des studios. Son ancien agent, Ari Gold, est devenu patron de l’un d’eux et veut faire de lui la vedette de son nouveau film à gros budget. Vincent accepte, à condition de signer aussi la réalisation du long métrage. Mais la production du film, une fois lancée, va rencontrer de sérieux problèmes tout en poussant Vincent et ses amis (Eric, Turtle et Drama) à gérer en même temps leurs déboires personnels. Rien n’est simple dans le monde impitoyable d’Hollywood, mais avoir un bon entourage est toujours d’une grande aide…

Avec le recul, il semblait plutôt absurde de nourrir de fortes ambitions à une adaptation ciné de la série télévisée "Entourage". D’abord parce que celle-ci, arrêtée il y a trois ans après huit fabuleuses saisons, possédait un concept peu susceptible d’être transcendé sur grand écran. Ensuite parce que le choix d’une intrigue de cinéma faisant suite au dénouement final de la série n’est en général pas très bon signe – les fans de "X-Files" en savent quelque chose. Enfin parce qu’on ne voyait pas vraiment ce que Doug Ellin (créateur de la série) pouvait apporter de nouveau au concept. Sans aucune surprise, et de la même manière que le film "Veronica Mars" il y a deux ans, le film "Entourage" n’est donc ni plus ni moins qu’un épisode upgradé et rallongé, fort heureusement adapté juste ce qu’il faut aux codes du langage cinématographique, qui décalque la structure d’un épisode lambda tout en redonnant à ses cinq protagonistes la folie qui les caractérise et qui nous avait cruellement manqué avec le temps.

La série n’y allait pas par quatre chemins pour s’immiscer dans le mode de vie hollywoodien : ni critique subversive du milieu ni rouleau compresseur cynique, "Entourage" se voulait avant tout fun, décontractée, potache et sans aucun complexe. Avec, comme cerise sur le gâteau, une foule de guest-stars à en filer le vertige – on en dénombrait en général une dizaine dans chaque épisode. Rebelote ici, et rien ne manque, du générique de la série revisité avec classe (avec l’indétrônable Superhero de Jane’s Addiction en bande-son) jusqu’à un hallucinant défilé d’invités-surprise (regardez le casting ci-dessus) en passant par la caractérisation des personnages. L’intrigue, centrée sur le premier film réalisé par Vincent Chase (Adrian Grenier), n’est ici qu’un vague prétexte à enquiller les situations cocasses et hystériques, où chacun s’en donne à cœur joie. La candeur maladroite de Vincent, les déboires sentimentaux d’Eric, les humiliations éternelles de Drama, les blagues potaches de Turtle et les incessantes crises d’hystérie d’Ari Gold (Jeremy Piven semble plus cocaïné jusqu’à la rate que jamais !) font ici le sel d’un prolongement optimal de la série télé, dont le punch verbal et la tchatche décomplexée compensent sans peine l’absence d’originalité.

"Entourage" avance ainsi, telle une mécanique rodée et imparable, qui fonctionne autant sur une maîtrise narrative d’une belle précision que sur la provocation plus ou moins assumée qui caractérise certains dialogues (on avouera que les répliques d’Ari Gold vont parfois assez loin !). Mais le film, tout comme la série, s’abstient de tout commentaire moral ou critique sur Hollywood. Il se contente d’y prendre place et goût, cherchant à tout prix la décontraction cool au travers de ses situations et la surprise par certains choix de casting pour le coup redoutables. À titre personnel, on donne une mention spéciale à Haley Joel Osment (oui, le gamin flippé de "Sixième Sens" !) qui orchestre ici son come-back dans la peau d’un fils à papa texan aussi obsédé que particulièrement gratiné ! Mais la liste des invités est bien trop longue : vu qu’on est convié à la soirée, le mieux à faire, c’est d’y aller et d’en profiter un max. À bon entendeur…

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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