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ELEKTRA

Un film de Rob Bowman

Elle a sombré !

La tueuse à gage la plus efficace mais aussi la plus mystérieuse de tous les temps, se nomme Elektra. Au cours d’une de ses missions, elle va devoir affronter l’organisation criminelle LA MAIN, car celle-ci a jeté son dévolue sur une jeune fille que la tueuse va prendre sous son aile et protéger…

Cette adaptation de comics est en fait un spin-off du film "Daredevil", donnant la vedette à celle que celui-ci combattit alors, c'est-à-dire la bien nommée Elektra. Personnage créé dans la période la plus sombre du héros aveugle, elle représente tout ce qu’il est, mais surtout tout ce qu’il n’ose pas être en plus. Cette adaptation tente de renouer avec cette période et ressort tous les personnages créés par le génial Frank Miller, du côté des gentils comme des méchants.

Mais le scénario, malgré une ambiance mélancolique et mystérieuse, se fourvoie, tellement les personnages sont survolés, à peine effleurés. La part d’ombre de la tueuse est tout juste évoquée et ses relations avec son ancien mentor sont balancées au spectateur sans aucune explication. Peu à peu, le film se révèle n’être qu’une banale course poursuite entre des méchants sous-employés (le pauvre Kirigi et son kimono mal attaché !) et des gentils aussi insipides que tristes.

Les scènes de combats, qui avaient tout pour être spectaculaires, sont bradées sur l’autel du style et le réalisateur (auteur de "The X-Files, le film") nous refait des pans entiers de "Tigre et Dragon" et autres "Hero" en tentant tant bien que mal d’insuffler un souffle épique à ce film. Du coup, les acteurs et actrices tentent de survivre et d’exister dans ce maelstrom de nullité, où le calvaire vécu par Elektra, les démons qui la rongent et sa fragilité psychologique ne sont pas évoqués.

Et l’on s’étonne alors que ce personnage, variation féminine mais urbaine du justicier aveugle, se retrouve quasiment tout le film, en pleine campagne, à courir dans un labyrinthe de plantes comme tout bon château anglais qui se respecte doit en posséder. Il ne manquerait plus qu’on lui ait demandé de tondre la pelouse, surtout avec les grands couteaux qu’elle trimballe.

Au final une adaptation très décevante, tout comme "Daredevil", et qui brade sur l’autel des concessions et de la méconnaissance des comics, un personnage au charisme important et au potentiel cinématographique avéré. Quel gâchis !

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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