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DRÔLES D'OISEAUX

Un film de Wayne Thornley

Drôle de film sur un couple (et accessoirement des oiseaux !)

Kai vit avec son père dans un arbre isolé au-dessus d’un ravin d’Afrique, sans que jamais rien ne se passe. Pour un jeune faucon fougueux qui ne rêve que d’aventures héroïques, cette vie n’a rien d’excitant. Aussi, quand une cigogne de passage, poursuivie par des vautours idiots, vient s’échouer devant ses branches, Kai saute sur l’occasion de jouer au protecteur de la veuve et de l’orphelin. Ensemble, ils vont partir à la découverte d’un endroit merveilleux, Zambezia, un baobab géant perché au sommet des chutes Victoria, où tous les oiseaux vivent en harmonie…

En effet, drôle de film que ce "Drôles d’oiseaux", deuxième long-métrage de la réalisatrice après "Belleville-Tokyo". C’est aussi l’histoire d’une amitié, d’un amour impossible à cause d’une trop grande différence d’âge mais un amour qui nourrit la jeune femme dans l’écriture de son carnet. Car ces deux êtres vont s’apprivoiser petit à petit. Au contact d’elle forcément, il retrouve un certain goût à la vie, se sent plus jeune. Mais il reste un personnage mystérieux et l'absence constante de clients au sein de sa librairie pose question. Cette relation d'amour-amitié entre ces deux personnages que tout oppose reste le fil rouge (et trouve une représentation métaphorique lorsque l'héroïne visionne "À bout de course" au cinéma) tandis que l'histoire d'amour réelle entre Mavie et Roman (Pascal Cervo) n'est traitée que superficiellement.

La mise en scène reste simple hormis les effets d’ellipses qui sont réalisés par un fondu au noir en cercle. L’utilisation de la voix off de Mavie et de Georges est présente dès qu’il s’agit de ce qu’elle couche dans son cahier, mais s’agissant de conversation fictive, cela devient embêtant. On reste dans un stéréotype des rôles avec ce vieux grincheux et cette provinciale à Paris. En dehors de cet amour, le contexte est celui de manifestations écologistes car Paris est frappé par un mal : des goélands ne cessent de s’écraser dans les rues de Paris (il n’en pleut pas tout au long du film heureusement). Ces chutes sont prétextes à sourire mais également à questionner l’engagement (avec ces militants écologistes qui manifestent contre le nucléaire) des deux protagonistes principaux.

Petit intérêt : pensez à regarder les unes des journaux que lit Mavie, ils nous en apprennent plus qu'ils n'en ont l'air. En somme un film particulier, qui ne reste pas en tête après son visionnage. Peut-être regarderons-nous juste plus souvent le ciel pour voir s’il n’y a pas de goélands prêts à nous tomber dessus.

Eric NuevoEnvoyer un message au rédacteur

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