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DORA ET LA CITÉ PERDUE

Un film de James Bobin

Champignon légèrement hallucinogène

Quand elle était enfant, Dora s’amusait avec son cousin Diego dans leur jeep en carton, à rêver que son sac à dos parlait, et que son singe Babouche l’aidait dans leurs aventures. Dix ans plus tard, alors que ses parents s’apprêtent à partir sur les traces de la Cité inca perdue de Parapata, ceux-ci refusent qu’elle les accompagne et l’envoient aux États-Unis chez son cousin pour intégrer le lycée. Là-bas, malgré son esprit positif, elle a bien du mal à s’intégrer…

Dora et la cité perdue film image

Il faut bien l’avouer, quand nous avons appris l’an dernier que sortirait à l’été 2019 une adaptation de la série pour enfants "Dora l’exploratrice", en version live, une certaine inquiétude pointait déjà son nez. Et malgré notre tendresse pour le Studio Nickelodeon (et les réussites des longs métrages "Bob l’éponge"), la première bande annonce n’avait fait qu’accentuer l’angoisse. Voici qu’enfin le résultat est visible sur les écrans français et il s’agit finalement d’une bonne surprise, emmenée par l’esprit moqueur de dérision du studio et un certain James Bobin, auteur de "Alice de l'autre côté du miroir" ou de "Muppets most wanted" (et prochainement aux manettes de "Action Man").

Démarrant sur les délires imaginatifs enfantins de Dora et son cousin, dix ans avant l’intrigue principale, le film évacue d’emblée le sac à dos et la carte qui parlent (en images de synthèses), les personnages des parents se positionnant du côté des spectateurs et restant interrogatifs lorsque la jeune fille se tourne vers la caméra pour demander : « répète Silencio » ou autre mot espagnol. Et c’est là la bonne idée de départ du film, qui perdurera pendant toute la première partie du métrage, alors qu’elle intègre un lycée américain : présenter la jeune femme comme la cinglée de service, intelligente mais enfermée dans son enfance, armée d’un yoyo, persuadée que son singe lui parle, et poussant soudainement la chansonnette lorsqu’il lui faut trouver une solution… Un décalage amusant, qui tourne gentiment en ridicule les principes de la série télé, et permet ainsi de s’adresser à d’autres catégories de spectateurs.

La seconde partie du métrage plongera ensuite l’héroïne en pleine jungle, à la recherche de ses parents, en compagnie de son cousin boudeur, de la meilleure de la classe devenue sa rivale, du coincé de service, mais aussi d’un adulte. Navigant entre "Les Goonies" et "Indiana Jones", l’aventure et les pièges du parcours prennent alors le dessus, alliant décors dépaysants et effets spéciaux maîtrisés. Mais l’humour reste omniprésent, depuis quelques idées régressives (les sables mouvants péteurs, les interventions de Chipeur le renard…) et d’autres plus osées (le passage en dessin animé…). Au final, le divertissement est au rendez-vous et les allusions à la série originale savamment détournées ou intégrées afin de ne jamais sombrer dans le ridicule. A voir si le succès et au rendez-vous, et une suite envisageable...

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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