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DE GUERRE LASSE

Un film de Olivier Panchot

Carré, efficace, au suivant !

Alex, fils d’un caïd pied-noir de Marseille, a fuit la Canebière pour s’enrôler dans la Légion, afin d’échapper à un règlement de compte avec la mafia corse qui a mis sa famille en danger… Quatre ans après, il déserte et revient sur Marseille pour retrouver sa famille et surtout Katia, son amour de jeunesse. Mais tout a changé dans cette ville : en prenant sa retraite, son père a laissé les Corses et les autres gangs se partager le contrôle de la ville. Et son retour ne plaît pas beaucoup aux nouveaux propriétaires de la cité phocéenne…

D’entrée, on va se permettre une petite parenthèse pour revenir un instant sur l’état du polar à la française, remis au premier plan de la production en 2004 grâce au triomphe mérité du magistral "36 Quai des Orfèvres". Il n’empêche que, par la suite, la patte du réalisateur Olivier Marchal aura surtout causé plus de mal que de bien au genre, enfermant à nouveau celui-ci dans une nouvelle forme de routine, plus caricaturale et désaturée, marquée par la manichéisme le plus outré, la tonalité la plus dépressive et le langage le plus ordurier. Peu d’alternatives brillantes ont su apparaître, hormis l’éblouissant "Une nuit" de Philippe Lefebvre et désormais cet intéressant polar d’Olivier Panchot, sorte de film noir sur fond de Canebière qui prend soin de récupérer à son propre compte les éléments que James Gray a récemment su transcender dans ses films : la famille vue comme une malédiction, la nécessité pour le fils de « tuer le père », le destin qui retarde toujours le moment où la tragédie va surgir, etc… Du déjà-vu sans grande surprise, mais repris par un cinéaste très respectueux du genre.

Il y a certes un peu de tragédie grecque dans ce film centré sur le retour à Marseille du fils d’un caïd local, menaçant ainsi l’équilibre de paix entre ce dernier et une bande rivale qui voit d’un mauvais œil le retour de ce fils incontrôlable. Jalil Lespert en fait un personnage massif et nerveux, d’une grande puissance dans les quelques scènes d’action qui parsèment l’intrigue, tandis que Tcheky Karyo nous ressort sans trop de conviction son rôle de gangster pépère des "Lyonnais". Pour autant, ce qui frappe dans ce film réside autant dans la violence, tantôt sèche, tantôt lyrique, qui se dégage de la plupart des échanges (par le verbe ou par le flingue), ainsi que dans un éblouissant travail sur le son qui maintient un sentiment de stress assez croissant. Tout cela ne révolutionne rien du tout, mais offre néanmoins un prototype de thriller maîtrisé et non dénué d’émotions variées. En soi, c’est déjà pas mal.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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