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CREED - L'HÉRITAGE DE ROCKY BALBOA

Un nouvel opus percutant et déchirant

Adonis n’a jamais connu son père, le célèbre Apollo Creed, décédé avant sa naissance. Mais il lui a transmis son amour pour la boxe. Le jeune homme va alors se persuader qu’il peut devenir professionnel s’il se fait entraîner par le meilleur : Rocky Balboa…

Les légendes ne meurent jamais. Cet axiome s’applique également au cinéma où l’on ne compte plus les sagas renaissant de leurs cendres. Sauf que certains projets attisent plus la curiosité que d’autres, et à ce titre “Creed” fait partie de ces films qui titillaient notre cinématographie avant même de les voir. Parce qu’il marquait les retrouvailles entre le réalisateur Ryan Coogler et Michael B. Jordan après l’excellent et bouleversant “Fruitvale Station”. Parce qu’il marquait le retour de Rocky après un sixième volet, “Rocky Balboa”, particulièrement réussi. Parce qu’il nous promettait un passage de relais entre un boxeur vieillissant, retiré des rings, et une nouvelle génération dont le nom suffit à insuffler le respect.

Dès les premières minutes, la caméra de Coogler vient nous rassurer : le métrage sera à la hauteur de nos attentes. Bien plus qu’une chronique sur l’univers de la boxe, “Creed” est le parcours initiatique d’un gamin de la rue devenu un adolescent aisé du jour au lendemain. C’est l’histoire d’un jeune homme meurtri et écrasé par l’ombre d’un père absent. Adonis n’a jamais connu son paternel, cet illustre boxeur tombé sur le ring que tout le monde admirait. Pourtant, il lui a transmis son talent pour enchaîner les uppercuts, et le jeune homme de se sentir vivant uniquement lorsqu’il a les gants blancs au bout des doigts. Celui-ci va alors prendre une décision radicale : tout plaquer pour se faire entraîner par Rocky Balboa et essayer de devenir professionnel.

Plus qu’un spin-off, ce volet est bien une suite, un film imprégné jusqu’au plus profond de son être par l’essence de la saga, par cette analogie entre les combats à coups de poings et ceux de la vie, qui en constituait le coeur. Dans un premier temps, les deux protagonistes agissent chacun de leur côté, avant de se battre l’un pour l’autre. Les rôles s’inversent, chacun est une épaule sur laquelle peut se reposer son compère dans un jeu de dépendance virile particulièrement touchant. Car elle est bien là la force de ce drame testostéroné, dans sa propension à capturer les failles d’êtres au coeur fragile malgré leur carrure imposante.

Au-delà des qualités scénaristiques qui réveillent le mythe de ce personnage iconique tout en continuant à en explorer de nouvelles facettes, le métrage peut également s’appuyer sur des comédiens talentueux, Michael B. Jordan et Tessa Thompson, dont la relation devrait prendre une ampleur plus imposante dans le prochain épisode. Quant à Stallone, il mérite amplement toutes ses récompenses, car à l’instar de la dernière séquence, particulièrement poignante pour les aficionados de la saga, il dégage une émotion incroyable, une capacité déconcertante à chatouiller vos glandes lacrymales avec seulement quelques mots. Et le voir assumer son plus beau combat, celui qu’il ne pourra pas gagner, contre la vieillesse, est d’une pureté étourdissante. Bravo Sly et merci !

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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