COUPEZ !

Une ouverture cannoise délirante et jubilatoire

En plein tournage d’un film de zombies, un réalisateur doit affronter une équipe technique nonchalante et des acteurs pas vraiment investis. L’arrivée de véritables morts-vivants va fortement dynamiser l’énergie du plateau…

Coupez film movie

Qui aurait pu prédire le destin de ce « petit film » japonais intitulé "Ne coupez pas" ? Sortie presque anonymement dans l'hexagone en 2017, cette comédie horrifique a connu un succès mondial, empochant 25 millions de dollars pour un budget de 25 000, au point de devenir culte auprès de toute une communauté, y compris française, grâce à la magie d'internet. Et aujourd'hui, voilà que le remake tricolore fait l'ouverture du Festival de Cannes. Qui d'autre alors que le roi du détournement, Michel Hazanavicius, pour s'attaquer à ce périlleux exercice ? Reprenant à l'identique la structure narrative de l'original, le cinéaste y injecte tout son sens de la verve et du bon mot, nous offrant un opus habité par l'esprit de son auteur, ou plus précisément de ses ersatz à l’écran, OSS 117 en tête.

"Coupez !" fait cependant partie de ces métrages qui se méritent, en ce sens où il faut accepter une proposition cinématographique volontairement surjouée durant les trente premières minutes avant de voir un contre-champ se construire et l'ensemble prendre tout sens. Car de ce plan séquence initial façon nanar, il ne faut retenir que l'aspect loufoque, une âme d'enfant qui prendra des airs d'espièglerie dans une seconde partie étonnamment jouissive, aussi bien exercice de style purement déjanté qu'ode à la création artistique. Oui, les plus réfractaires aux dialogues dissonants et aux effets peu subtils risquent de souffrir face à cette fausse série Z, mais la déclaration d'amour au cinéma qui s'en suit vaut largement le tourment de cette patience demandée.

Objet méta, le film joue aussi bien avec la mythologie de son propre genre que du parcours de son réalisateur, transformant cette parodie zombiesque en un terrain de jeu cinéphile potache et barré, dans lequel les comédiens peuvent s’en donner à cœur joie. Si la légère émotion que cherchent à rajouter des ressorts mélodramatiques moins maîtrisés (la relation père – fille notamment) pourrait altérer notre expérience, la folie comique est telle que rien ne viendra empêcher nos zygomatiques de travailler à plein régime. Finalement, le ridicule tue bien, mais uniquement des morts vivants. Et c’est pour notre plus grand plaisir !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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COMMENTAIRES

Fréquence Pop Culture

lundi 6 juin - 2h09

Merci pour ce retour concernant ce film 🙂
Personnellement j’ai hâte d’aller découvrir ce film. Je trouve que Michel Hazanavicius est un réalisateur qui arrive toujours à trouver le bon rythme ainsi que le bon dosage niveau humour.
Finalement c’est peut-être une bonne chose de ne pas avoir réalisé OSS 117 « 3 », cela a permis de voir naître ce nouveau film qui a l’air complètement décalé.

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