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LE CONVOYEUR

Un film efficacement sombre et violent

Un nouvel employé d'une compagnie de transfert de fonds est considéré de différentes manières par ses collègues. Certains le trouvent étrange, d'autres robuste, et d'autres imaginent qu'il est là pour préparer le rachat par un groupe américain…

Voici un polar français qui assume à la fois son caractère de film noir et ses élans désespérés. Baignant dans un univers de banlieue et d'entrepôts quasi déshumanisé, fait de tôle et de faux « gros durs », le film n'en est pas moins esthétiquement et psychologiquement réussi. L'utilisation d'une lumière bleutée renforce la froideur des lieux, et les cadrages raz du sol ou des murs, dans des endroits clos, appuient une inquiétude grandissante.

Le personnage principal, auquel Albert Dupontel donne un contenu inquiétant, autant qu'un physique imposant, est un mystère dans sa construction même. Déjà peu engageant de par son visage fermé et inexpressif, il est de plus affublé de crises d'épilepsie et de diverses manies ou signes d'une méfiance exacerbée et donc, louche. Tout cela permet au jeune prodige Nicolas Boukhrief, de composer un univers à la limite du carcéral, à la fois dangereux et si peu humain, où il touche aux contradictions d'un métier mal connu, convoyeur, et d'un système où ceux qui transportent l'argent sont bien mal payés. Mais Le convoyeur est avant tout un polar, où le secret est d'importance. Alors on ne vous en dira pas plus.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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