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LE CŒUR DES HOMMES 3

Un film de Marc Esposito

Des hommes sans cœur

Alex, Antoine et Manu rencontrent Jean, un solitaire qui ignore les plaisirs de l’amitié. Alors, ils deviennent potes…

Marc Esposito, jadis créateur des mensuels Première et Studio Magazine, était passé à la réalisation en 2003 avec "Le Cœur des hommes", récit d’une amitié comme le cinéma français, mais pas que, aime à en raconter à intervalles réguliers. Depuis, le cinéaste alterne scénari originaux et nouveaux épisodes de cette « saga » (puisque c’en est une), avec une qualité malheureusement déclinante.

Car on a grand peine à croire à la sincérité d’un (télé)film qui ne cache plus son origine franchisée (même pas un sous-titre, juste un "3" bien vulgaire), ni même sa totale vacuité cinématographique et idéologique. Que les dialogues sonnent faux, même dans la bouche d’acteurs et d’actrices habituellement doués, que la mise en scène ne se contente que de plans fixes mal cadrés et d’une lumière hideuse, passe encore. Mais qu’un tel produit, quasiment assuré de rencontrer le succès, se fasse l’apologie d’une morale et d’une idéologie machiste et réactionnaire aussi détestables, ça laisse sans voix.

Dans "Le Cœur des hommes 3", les femmes – infidèles, cocues, dépressives ou malades – n’existent que dès lors que leur mâle les regarde, les touche ou leur adresse la parole ; l’amitié se limite à boire du vin ensemble en disant un maximum de fois le mot « couilles » ; et le mariage s’impose comme l’accomplissement ultime d’une vie de couple soumise à toutes les épreuves. Et ouais !

Difficile de trouver quoi que ce soit à sauver de cet effarant condensé de nullité, dont le leitmotiv narratif et visuel est de faire courir ses protagonistes dans un parc, sans que le monde qui les entoure ne semble pas une seule fois les atteindre, ni même avoir une quelconque importance à leurs yeux. Le cinéma français, et plus particulièrement la comédie, est en crise paraît-il. Mais ce n’est certainement pas avec ce type de « film », ni fait ni à faire, qu’il risque de remonter la pente. Le degré zéro du cinéma. Ni plus, ni moins.

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

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