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COCO

Un film de Gad Elmaleh

Kipathétique

Simon Bensoussan alias “Coco” a tout réussi dans sa vie. Inventeur de l’eau frétillante, il est devenu l’une des plus grosses fortunes du pays. Sa femme a un physique de top model et ses enfants sont magnifiques. Adepte de la démesure et du clinquant, toutes les occasions sont bonnes pour lui d’en mettre plein la vue à tout le monde, alors, quand il doit fêter la Bar-Mitsva de son fils, c’est la consécration…

6 ans après « Chouchou », dont il n’était que le dialoguiste, Gad Elmaleh réalise ici son premier film en adaptant un autre de ses fameux personnages de one man show : Coco. Ici pas de travesti clandestin touchant mais un millionnaire parvenu et naïf totalement Bling Bling.

Comme pour Chouchou, le scénario est des plus approximatifs, il n’y a pas de vrai fil conducteur. L’histoire vacille entre le règlement de compte avec l’ennemi juré Robert Benguigui, la satire juive, et le mélo familial du père qui ne s’occupe plus de son fils. Autant de thèmes qui, si ils avaient été poussés à leur paroxysme auraient pu être un délice vu la verve désopilante du comique. Rien de tout cela malheureusement. Les rares jeux de mots sont les répliques réchauffées du One Man Show : “Sers moi un scotch on the Rocks !… sans glaçons”, “je vais tous les éclater !”...

Quelle dommage car tous les ingrédients étaient là pour faire de “Coco” une caricature cocasse digne de “la vérité si je mens”. Au lieu de ça, Gad Elmaleh s’embourbe dans le politiquement correct. Son personnage presque détestable dans son sketch est ici presque trop gentil. Quant aux seconds rôles, qui auraient pu être une mine de parodies de la communauté juive dans tout ce qu’elle a de joyeusement excentrique, ils sonnent faux car trop fades. Pour exemple la mère juive envahissante sans plus, qui ment à son fils en abandonnant tous les soirs l’appartement de 800 m2 qu’il lui a offert pour retrouver son studio de Belleville. On est loin de Marthe Villalonga dans “Un éléphant ça trompe énormément”. Seule la sœur, génialement interprétée par Noémie Lvovsky campe un personnage savoureux totalement allumé et mystique. Malheureusement ses apparitions se résument à deux scènes de 30 secondes chacune.

En fait le film s’attarde un peu trop sérieusement sur la relation de Coco avec son fils. Complètement aveugle aux désirs de ce dernier qui ne jure que par le patinage artistique, Coco l’utilise pour épater la galerie en lui organisant une Bar-Mitsva au scénario hollywoodien. Heureusement la famille est là pour lui rappeler ses dérapages et tout finit bien dans le meilleur des mondes. Un thème élimé jusqu’à la corde, qui sonne faux dans cette comédie vendue comme le pastiche d’une jet-set de pacotille. Un bon conseil, si vous voulez apprécier pleinement l’immense talent d’auteur de Gad Elmaleh, allez le voir plutôt sur scène. Il commence une tournée dès le mois prochain !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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