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CHÈRE LÉA

Un film de Jérôme Bonnell

Un charme qui se dissipe trop vite

Jonas se réveille, bourré. Il prend un taxi dans lequel il vomit. A l’aube, il débarque chez son ex, Léa, pas vraiment contente de le voir. Rejeté, il s’installe au café d’en face et commence à lui écrire une lettre. C’est le début d’un journée où il va croiser nombre d’habitants du quartier, sous le regard d’un barman compatissant…

Chère Léa film movie

Décidément, Anaïs Demoustier attise bien des feux amoureux. Héroïne polyamoureuse dans "Les amours d'Anaïs", égérie d'un maire en crise de décision dans "Alice et le maire", vue récemment en jeune femme s’attribuant progressivement la place de sa tyrannique belle mère dans "La Pièce rapportée", la voici qui incarne une maîtresse devenue inaccessible dans "Chère Léa". Cette comédie dramatique plutôt déstabilisante est signée Jérôme Bonnell, l’auteur de "A trois on y va" et "Les Yeux clairs", et distille un charme étrange qui se dissipe malheureusement peu à peu. Allégorie d’un homme bloqué dans son état passionnel (ici bloqué géographiquement toute une journée dans un bar, en face de l’appartement de l’être désiré…), le film suit l’évolution psychologique de son personnage, qui tourne en rond, incapable de lâcher prise, avant d’entrevoir un potentiel espoir inattendu.

Ménageant le suspense jusqu’au bout, sur la capacité du personnage de Grégory Montel ("Dix pour cent", "Les Parfums"…), son scénario pose face à lui Grégory Gadebois ("Délicieux", "Présidents"…) en observateur bienveillant, qui en doute tout autant. Révélateur d’un petit microcosme de quartier, le bar voit défiler les personnages en apparence anecdotiques, autant qu’il est le témoin du dynamisme du personnage central, bouillonnant derrière ses obsessions. Mais les trames parallèles (l’ex-femme et son fils mélancolique, l’associé et son beau frère…) finissent par s’étioler, alors que s’affirme sur le tard la nature de la lettre. Et si l’on voulait aimer ces personnages, on a au final le sentiment d’avoir été maintenu sur le pas de la porte.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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