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CHER JOHN

Un film de Lasse Hallström

Sur tous les tableaux

Alors qu'il est permission pour deux semaines, John fait la connaissance de Savannah, qui elle, doit retourner bientôt à la fac. Ils se promettent de s'écrire, pendant l'année où ils vont devoir être séparés, lui dans l'armée, de par le monde, elle, étudiant...

"Cher John" est connu aux États Unis pour avoir été le film à enfin détrôner "Avatar" de sa place de numéro un du Box office. En France, il n'est pas sûr que le film réussisse à trouver son public, l'œuvre étant trop amère pour toucher une cible ado, et portée par deux interprètes peu connus ici; Channing Tatum (« Sexy Dance 2 », « GI Joe »), mâchoire serrée mais regard malheureux, et Amanda Seyfried, vue récemment dans "Chloé" d'Atom Egoyan, où elle était bien plus crédible.

Car dans "Cher John", les portes du malheur sont grandes ouvertes. Le héros a un père autiste (Richard Jenkins, "The visitor"), la belle rêve de monter un centre équestre pour enfants autistes, et le 11 septembre guette, à moins que ce ne soit le cancer... Bref, tout le monde pourrait très vite mourir, ou cesser de s'écrire. Hors c'est là le nerf de la guerre, après une première partie située dans un village ensoleillé et sur une plage idyllique, l'on suit les échanges de lettres entre les deux tourtereaux, jusqu'à l'overdose.

Aucun des interprètes ne démérite cependant, mais le scénario dégouline de toutes part, jouant sur tous les tableaux, de la compassion pour les êtres différents, au respect entre générations, en passant par l'importance du devoir envers sa nation, se payant même le luxe d'induire en erreur le spectateur pour mieux le culpabiliser sur ses propres a priori. Cela est-il réellement aussi généreux que le scénario l'affiche haut et fort ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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