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CERISE

Un film de

Crise d'ado ukrainienne

Cerise a été élevée seule par sa mère depuis 14 ans, à la périphérie de Paris. Se pomponnant comme une fille de 20 ans, elle agace sa mère, en alignant les bêtises, jusqu'au point où celle-ci décide de l'envoyer chez son père qu'elle ne connaît pas. Elle débarque en Ukraine, en pleine révolution, et en quête d'identité et du grand amour...

Jérôme Enrico poursuit son parcours en tant que réalisateur depuis « Paulette » en 2012 avec Bernadette Lafont en mamie dealeuse de drogue. Le réalisateur, nous dresse ici la peinture de deux crises parallèle, l'une politique, l'autre adolescente. Il nous embarque ainsi dans la confrontation d'une adolescente à un autre mode de vie et un autre milieu social. Pour incarner cette dernière, il a fait le choix d'une jeune inconnue qui est la nièce d'Isabelle Adjani, celle-ci ayant été sélectionnée grâce à un casting sur un réseau social. Elle donne corps à la jeune adolescente prénommée Cerise, qui essaye de trouver sa place dans un monde en mutation lui aussi.

Le film charrie de nombreux clichés et propose quelques moments un peu kitsch. Et en comparaison à la précédente réalisation de Jérôme Enrico, « Cerise » manque d'extravagance. Le look de fashion-victim adopté par Cerise contraste avec le monde adulte qui l’entoure. Mais peu à peu, elle arrive à se façonner un mode de vie, à changer son désir de vouloir attirer l'attention. De plus, l'amour la pousse à trouver de nouveaux modèles, qui s'opposent à ceux issus des magazines de mode ou de la presse adolescente, au travers notamment de lectures d'un autre niveau. Une évolution vers la maturité pour cette jeune fille en plein conflit parental.

Côté mise en scène, le spectateur sera en permanence confronté aux SMS de Cerise, qui n'apportent pas grand chose au récit, ainsi qu'à de nombreux extraits de vidéo-clips qui certes rythment le film mais aussi l'alourdissent. Avec « Cerise », Jérôme Enrico s’essaye à la comédie sur fond de crise adolescente exportée et de sort malheureux des jeunes militaires morts à la guerre, ceci sans pour autant marquer les esprits.

David BrejonEnvoyer un message au rédacteur

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