avec ou sans moustache

CATS

Un film de Tom Hooper

Un nanar de Noël qui frôle le risible

Une jeune chatte abandonnée prénommée Victoria, fait la connaissance des Jolitis chats. Une fois par an, ceux-ci se réunissent pour leur grand bal, lors duquel parmi les chanteurs et chanteuses faisant un numéro, leur cheffe choisit celui qui pourra entrer au paradis et renaître dans une nouvelle vie. Mais le méchant chat magicien Macavity rode…

Cats film image

"Cats" est l’adaptation en « live » de la comédie musicale à succès signée Andrew Lloyd Webber et T.S. Eliot. Celle-ci fut un triomphe internationale, puisque outre sa longévité (21 ans à Londres à partir de sa première en 1981, 18 ans à Broadway aux USA à compter de 1983), elle a remporté pas moins de 7 Tony Awards (l’équivalent américain des Molières) et a cumulé près de 81 millions de spectateurs dans plus de 50 pays. De quoi sans doute, convaincre que lui redonner une vie sur grand écran, pouvait être une bonne idée.

Mais voilà, ce qui fonctionnait sans doute très bien sur scène, avec des chanteurs et danseurs déguisés et maquillés en chats, apparaît comme redoutablement ridicule sur grand écran. Le fait de disposer de gros plans sur les visages à moitié humains des personnages, de voir ces animaux évoluer majoritairement sur leurs deux pattes arrière, fait perdre énormément à ce que les spectateurs de la pièce pouvaient voir de silhouettes et de gestes félins. La vraie bonne idée aurait sans doute été d’adapter la comédie musicale avec des chats en images de synthèses, au lieu d’acteurs, qui plus très connus pour certains (Judi Dench en cheffe, Ian McKellen en gardien du théâtre vieillissant, Idris Elba en méchant…). Après tout "Les aristochats" étaient bien doués de paroles et les chorégraphies animales de "La petite sirène" faisaient à l’écran un bel effet.

L’option prise par le studio n’a pas été celle-ci, choisissant comme réalisateur Tom Hooper, à qui l’on devait déjà l’adaptation (décevante) de la comédie musicale "Les Miz" ("Les misérables"), qui elle impliquait des humains, et le scénariste de la version scénique de "Billy Elliot". Le résultat donne souvent envie de rire, ce qui était élégant sur scène frôlant le ridicule à l’écran, tant les réactions sont forcées, les chorégraphies artificielles, les touches d’humour peu efficaces. Heureusement, la démesure des décors à grande échelle et l’ambiance nocturne de l’ensemble provoquent parfois l’étonnement, et la chanson « Memory » fait toujours son bel effet. C’est peu, mais on est bien obligé de s’y raccrocher.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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