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CAMPING 3

Parmi les clichés et les longueurs, une certaine fraîcheur se dégage de cet opus gorgé de pastis et de soleil

Patrick est de retour comme chaque année au camping des Flots Bleus, avec ses fidèles amis, Jacky, Laurette et Gatineau. Sauf qu’après avoir testé le covoiturage, le roi du pastis se retrouve à devoir gérer trois jeunes hommes. Ce qui complique fortement ses plans pour les vacances…

Après un deuxième volet considéré comme raté par le public, les critiques et même l’équipe du film, ce nouvel épisode des aventures de Patrick Chirac se devait de relever le niveau et de remettre un peu d’eau dans le pastis. Comme chaque année, l’habitué du slip de bain et des marcels moulants se rend au camping des Flots bleus pour retrouver ses fidèles amis. Sauf que cette année, à l’exception de l’apéro, tout a un peu changé. Le propriétaire du lieu n’est plus le même, les emplacements des tentes sont différentes, et surtout Patrick va devoir cohabiter avec trois jeunes hommes après avoir tenté l’expérience du covoiturage. Malheureusement, de ce postulat, Fabien Onteniente oublie complètement d’en faire un scénario, limitant le métrage à une succession de saynètes souvent grossières et très rapidement agaçantes.

Les aficionados de Dubosc et de la bande des Flots bleus devraient apprécier, mais pour les autres, "Camping 3" risque de paraître bien long. Car en prévoyant aucune évolution dans son intrigue, le cinéaste a dépourvu son œuvre d’enjeux, et donc d’intérêt. Pourtant, le pitch de départ promettait une nouvelle piste séduisante pour la saga, où l’humour balourd laisserait place à une comédie générationnelle. Et si ce contrat est plutôt rempli, on peut regretter que ces gags ne donnent jamais naissance à un véritable récit. La complicité entre ces jeunes et le groupe des anciens offre quelques séquences prêtant à sourire, mais leur rôle est tellement limité au faire-valoir comique et sentimental qu’il est difficile de s’attacher à eux.

Finalement, ce qui demeure la plus grande qualité de ce divertissement est sa capacité à émouvoir. Aussi surprenant que cela puisse paraître pour un film débutant par une chanson de Maître Gims et une vanne sur les 2be3, "Camping 3" développe une nostalgie inattendue. En particulier à travers le personnage de Claude Brasseur, mais également celui de Franck Dubosc, les thématiques de la solitude et de la vieillesse jaillissent au milieu des bouffonneries. Cette nouvelle tonalité surprend et réduit les nombreux ratés d’un opus qui se perd une fois de plus dans un nombre incalculable de clichés et de seconds rôles inutiles (désolé Michèle Laroque et Gérard Jugnot). Il serait peut-être temps de fermer les portes du camping…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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