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BLACK ADAM

Un film de Jaume Collet-Serra

Bad Adam…

Le royaume du Kahndaq est en proie à des groupes de mercenaires. Certains sont à la recherche d’une couronne dotée d’un pouvoir maléfique. Afin de les empêcher de mettre la main dessus, une équipe d’archéologues est à sa recherche, espérant la trouver avant eux. Alors qu’ils touchent au but, ils sont capturés par un groupe de mercenaires. Pour se protéger, ils décident de libérer Ted Adam, un esclave vieux de plus de 4 000 ans, doté de super-pouvoirs…

Black Adam film movie

Le combat dans les salles obscures se poursuit entre DC et Marvel. Alors que l'écurie des super-héros Marvel continue sa cadence infernale et sa feuille de route construite en différentes phases, l'univers de DC est lui plus chaotique et on peine à voir un chemin clair relier l’ensemble des films. Mais "Black Adam" entend bien y remettre de l’ordre.

Disons-le d’emblée, Jaume Collet-Serra ("Sans identité", "Jungle Cruise") nous sert un énième film de super-héros sans saveur, doté d’un scénario sans idées, avec comme sous-texte l'opposition de deux visions pour l'obtention de la liberté. La plupart des personnages sont de véritables coquilles vides (l’introduction comme un cheveu sur la soupe d’une « Justice Society » composée de super-héros n’arrange pas les choses), la première place étant détenue par l’antagoniste de Black Adam, qui semble n’exister que par le fait qu’il faut impérativement un méchant dans un long-métrage de super-héros.

Le personnage de Black Adam tranche quelque peu avec les super-héros habituels et se rapproche plus des personnages de la Suicide Squad que de Superman, en ce sens où il est un véritable anti-héros, n'hésitant pas à tuer ses adversaires pour arriver à ses fins (ce qui est un sacrilège dans le monde des super-héros et qui devient de fait un mini enjeu éthique pendant une partie du long métrage).

Mais tout ceci se fait sans finesse, à l'image de son personnage principal : on préfère passer à travers un mur qu'ouvrir une porte pour changer de pièce. L'humour tombe très souvent à plat, (à l’image de la référence au "Bon, la Brute et le Truand"). Le tout est emballé dans une mise en scène sans saveur qui ne propose jamais de nouveauté dans le traitement visuel du super-héros. Il n’y a peut-être que la qualité des effets spéciaux qui vient quelque peu sauver l’ensemble.

Si le casting a fière allure sur le papier, une fois en action, l’alchimie d’ensemble n’est jamais présente et seules demeurent des dynamiques de binôme. De plus, Dwayne Johnson ne parvient jamais à donner corps à son personnage. Enfin, [attention spoiler] la façon dont revient l’un personnage central de l'univers DC lors de la scène post-générique questionne la cohérence de la suite de l’univers DC (Superman serait donc aux ordres d’Amanda Waller, interprétée par Viola Davis, qui dirige déjà la Suicide Squad, et ici la Justice Society… ?).

Au final, "Black Adam" n'est qu’une énième proposition sans idée dans un paysage des super-héros au cinéma, très encombré et peinant à se renouveler. Pire, il parvient sans problème à être l'un de ses plus mauvais représentants, cumulant nombres de défauts de ce type de production. En somme un super-loupé.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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