Banniere Festival de Cannes 2021 sélection quotidiennes critiques

BEAST

Un film de Christoffer Boe

L’amour à mort

Bruno aime son épouse Maxine. Mais son amour, tout comme son apparence physique, commencent lentement à se transformer… Et Bruno reste impuissant face à ce quelque chose qu’il sent bouillir en lui…

Le précédent film de Christoffer Boe, l’inédit "Allegro" le montrait déjà : le jeune cinéaste danois n’a pas peur d’utiliser certains codes du cinéma de genre pour mieux y inscrire son propos. Ici, il s’attache à décrire la relation difficile d’un homme trop possessif envers sa femme, dans une sorte de métaphore du couple vu comme un combat permanent.

Drame passionnel faussement naturaliste dans sa construction, "Beast" fait preuve d’une véritable poésie morbide, à la croisée des cinémas de Roman Polanski ou David Cronenberg, montrant la jalousie comme un dérèglement corporel apte à faire ressortir les aspects les plus monstrueux de l’être humain. Si Nicolas Bro (vu depuis dans le "Cheval de guerre" de Spielberg) en fait un peu trop dans son interprétation de cet homme en crise, la belle Marijana Jankovic apporte une fraîcheur et une justesse salutaires à un récit finalement assez sombre. Profondément nordique dans son âme, "Beast" aurait gagné à assumer son côté « fantastique ». Un peu dommage pour une œuvre audacieuse et remuante.

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire