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BABY SITTER MALGRÉ LUI

Une comédie potache drôlement efficace

Noah Griffith est le genre d’ado partisan du moindre effort. Mais lorsque sa mère décide de sortir avec des amies, celui-ci se voit forcé de garder les enfants de l’une d’elles. Malheureusement pour le jeune homme, les trois enfants sont plus des petites pestes que des agneaux et la nuit risque d’être fortement mouvementée…

S’il s’est essayé aux drames (« All the Real Girls », « L’Autre rive » avec Jamie Bell en tête d’affiche ou encore « Snow Angels »), le réalisateur David Gordon Green semble s’être spécialisé ces dernières années dans les comédies, alternant du bon (« Délire Express ») et du franchement mauvais (« Votre majesté »). Le metteur en scène était donc attendu au tournant avec son nouveau teen-movie et le résultat s’avère être une agréable surprise avec un bilan plus que positif. La réussite du métrage tient principalement à son scénario, riche en rebondissements qui embringuent les protagonistes, comme les spectateurs, dans une course folle, sur un rythme effréné, au son d’une BO soignée et entraînante. Parvenant à saisir les malaises et les nouveaux rêves d’une jeunesse plus libérée que jamais, le film dresse un portrait intelligent des jeunes ados de notre époque.

Ainsi, Jonah Hill se retrouve confronté à une équipe de trois enfants terribles : une jeune fillette se prenant pour la nouvelle Paris Hilton, dont le seul rêve dans la vie est de faire la couverture de magazines, un jeune garçon timide, en proie à un mal être intérieur mais pas en reste côté bêtises, et enfin un jeune latino légèrement pyromane sur les bords et obsédée par les engins explosifs. Apparente simple comédie, l’union de ces trois enfants permet au projet de flirter avec le pamphlet, décriant notamment les difficultés d’intégration de certaines communautés, le rejet de l’autre, la télé-réalité ou plus largement, les programmes auxquels sont exposés les enfants, et n’hésitant pas à traiter des thèmes comme l’adoption.

La force du film tient aussi en la prestation de Jonah Hill qui excelle en garçon débordé par les événements, enchaînant des répliques plus tordantes les unes que les autres. Mais les aventures des quatre bambins vont aussi être à l’origine de nombreux quiproquos, garantissant un bon nombre de fous-rires pour le spectateur. On pense notamment aux scènes avec Sam Rockwell en baron de la drogue fortement efféminé ou aux différentes péripéties provoquées par Rodrigo.

Il faut dire que les trois jeunes comédiens impressionnent et permettent de rendre l’histoire quasiment crédible malgré cet enchaînement de mésaventures. Néanmoins, l’accumulation de clichés a tendance à dénaturer la qualité de ce vaudeville pour ados, et le metteur en scène n’évite pas l’écueil de tomber dans le pathos, par moments, pour alterner émotion et rires. Comme souvent, dans ce genre de cinéma, la mise en scène est quasiment absente, se contentant de donner basiquement vie au scénario. Toutefois, « Babysitter malgré lui » n’en reste pas moins une comédie efficace et intelligente, permettant à Jonah Hill de se distinguer à nouveau, et dont le rythme empêche tout signe d’ennui d’apparaître au sein du public.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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