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LES AMES GRISES

Un film de Yves Angelo

A situation et époque particulière, personnages complexes

Hiver 1917, une fillette est retrouvée morte étranglée, le long d’un canal d’une ville proche du front. Quelques mois plus tôt, le procureur avait accepter d’accueillir, chez lui, la nouvelle jeune institutrice…

Avec Les âmes grises, Yves Angelo ( célèbre directeur de la photo, et réalisateur entre auxtres du Colonel Chabert) dépeint la guerre de 14, époque troublée, et moment à part dans la vie de chacun de ses personnages. L’institutrice (Marina Hands), attend le retour de son homme, rêvant au travers des lettres qu’elle recopie dans un carnet, le procureur (Jean Pierre Marielle), attend la mort, imaginant les vies des autres, et le juge (Jacques Villerest) attend son heure de gloire, rêvant d’épingler ses ennemis, dont le procureur.

Avec ce récit, c’est à une tension permanente que le réalisateur nous invite, épaulé par l’auteur du livre, Philippe Claudel (Prix Renaudot 2003). Tension entre les soldats et les ouvriers réquisitionnés, considérés comme des planqués. Tension entre le triste procureur et le machiavélique et arriviste juge, qui jouent de leurs pouvoirs respectifs. L’époque est donc aux soupçons, et l’histoire les met au cœur de l’intrigue.

Malgré de beaux moments de mélancolie, donnant à voir des paysages de guerre aussi inédits que désolants (la scène sur la colline, où l’institutrice contemple les champs de bataille), la tristesse qui se dégage de l’ensemble du film finit par peut être trop peser pour dégager une réelle émotion. La grande réussite du film est surtout de nous faire croire à tous les personnes, depuis la bonne du procureur, dont les sentiments pointent malgré elle à la surface d’un cœur tenu à l’écart, jusqu’au juge, formidable de noirceur, dont certaines abjections prennent au final une dimension troublante. Villerest a bien trouvé son dernier rôle.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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