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AMERICAN NIGHTMARE 2 : ANARCHY

Un film de James DeMonaco

Le cauchemar cinématographique continue !

À quelques heures de la Purge, les Américains quittent leur lieu de travail et retournent se calfeutrer chez eux ou s’armer jusqu’aux dents s’ils ont décidé d’y participer… Durant cette nuit d’horreur, Eva, sa fille Cali, Shane et sa petite copine Liz, ainsi que Leo, vont se retrouver confronter à un groupe de commandos qui veut les éliminer…

La Purge est de retour, un an seulement après le premier volet. Il faut dire qu’aux États-Unis "American Nightmare" a cartonné : avec son budget de 3 millions de dollars, il en a rapporté 25 fois plus ! Cette suite était donc inévitable, tout comme le sera le troisième volet, vu le démarrage en trombe au box-office de cette sequel baptisée "Anarchy".

La Purge existe donc toujours dans les années 2020 sur le sol américain. Une nuit par an, de 19 h à 7 h, les citoyens peuvent donc s’en donner à cœur joie, sortir leur grosse artillerie et aller dézinguer les pauvres, les SDF et toutes les plaies de leur pays qui traînent dans les rues… L’État fermera les yeux et vous ne risquerez pas d’être inquiété par la Justice. Comme dans le premier film. Cool ! Mais cette fois-ci, "Anarchy" va un peu plus loin, avec deux nouveautés : la vengeance et l’aide de l’État.

Vengeance ? Ben oui ! Si quelqu’un vous a marché sur le pied sans s’excuser. Si on vous a pris la place de parking que vous attendiez depuis 10 minutes. Si votre frère se tape votre femme. Patientez un peu et vengez-vous ! Il y a la Purge pour ça ! C’est donc parti pour l’auto-défense. Notre Charles Bronson aurait pu attendre la Purge pour se faire "Justicier dans la ville". Toujours plus d’occasions de tuer et de se soulager. Que du bonheur ! C’est donc l’anarchie au sens anomique du terme. Quand il n’y a aucune règle et surtout aucune autorité. Les États-Unis deviennent, pour une nuit, une jungle urbaine à la "New York 1997".

Aide de l’État ? Comprenez ici que le Gouvernement, après ses nombreuses années d’instauration de la Purge, a la désagréable surprise de constater que les patriotes américains y participent de moins en moins… et décide donc d’aller donner un coup de pouce sur la gâchette en exterminant avec ses propres commandos les moins riches de ce pays. Car on n’est jamais mieux servi que par soi-même !

On touche donc le fond côté scénario tant c’est aussi insupportable que grotesque. La morale est beaucoup moins ambiguë que sur le premier film qui semblait en un sens condamner le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis autorisant le port d’armes. Ici, plus de doute possible : c’est la fête, ayez votre flingue et surtout servez-vous en… Vous vous dites que pour se sauver la face le scénario n’encourage les tueries que pour se protéger ? Même pas ! Le film incite à la rébellion avec un mouvement révolutionnaire qui n’y va pas par quatre chemins (les Black Panthers du XXIe siècle sont de retour !)… Et dire qu’ils veulent nous faire croire à une fin où la morale est sauve… On se demande parfois si les studios sont conscients de ce qu’ils distribuent au cinéma… Ah on me chuchote qu’il y aurait une affaire de box-office là-dessous… !

Derrière la caméra, James DeMonaco récidive (malheureusement). Y a-t-il un réalisateur pour sauver ce film ? Non ! Mise en scène nulle, jeu approximatif, intérêt zéro. Autant le huis-clos avec Ethan Hawke dans la baraque était pas trop mal foutu (soyons gentils), autant la chasse en ville avec des comédiens aussi charismatiques que Paul le Poulpe, là non ça ne prend pas. La Purge c’était finalement la fausse bonne idée de scénario qui dérape ici complètement. À éviter d’urgence.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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