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AFFAMÉS

Un film de Scott Cooper

Un film qui ne devrait pas rassasier son public !

Julia est revenue dans sa bourgade pour enseigner. Mais le comportement d’un élève de sa classe laisse penser à des violences familiales. En enquêtant dessus, elle va découvrir une tragédie insoupçonnée…

Affamés film movie

Après s’être attaqué brillamment à une relecture du genre iconique du western avec "Hostiles", Scott Cooper s’intéresse cette fois à la mythologie non moins américaine du film d’horreur. Épaulé d’un maître du gothique, en la personne de Guillermo De Toro à la production, le cinéaste nous invite au cœur d’une bourgade minière de l’Oregon, là où les habitants vivent sur la poussière et les songes d’un âge d’or désormais chimérique.

Julia avait fui dès qu’elle avait pu sa ville natale, mais suite à différents évènements personnels, là voilà à nouveau dans la maison où elle a grandi, où a toujours vécu son frère. Enseignante, elle compte parmi ses élèves Lucas, un enfant de plus en plus renfermé sur lui-même et dont le comportement suggère des troubles au sein de son foyer. C’est en cherchant à découvrir la vérité que la protagoniste, excellente Keri Russell, va réveiller de vieux démons, littéralement ! Si l’ambiance du métrage, sordide et lugubre, tient le spectateur en haleine, elle ne parvient jamais à le plonger dans l’atmosphère anxiogène désirée, transformant le rythme contemplatif en d’interminables séquences.

Souffrant d’évitables longueurs et d’un scénario bien trop classique, l’intérêt d’"Affamés" repose presque uniquement sur son idée de départ, celle de traiter une histoire de monstres comme la métaphore d’un conte social. Dans cette fable macabre, les individus sont des coquilles vides, abandonnés à un sort qui ne fait plus rêver depuis de nombreuses années, conviant dans leur quotidien une créature du folklore amérindien, reflet de leur propre malheur. Malsain et bien sanguinolent, le drame horrifique évite les jumpscares pour se focaliser sur son propos, quitte à multiplier les thématiques avec aussi peu de finesse que la bête centrale. S’il continue à démontrer ses qualités de mise en scène, Scott Cooper semble ne pas avoir le même talent lorsqu’il s’agit d’effrayer. En résulte, une œuvre fade et finalement indolore…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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