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A L'ABORDAGE

Un film de Guillaume Brac

Poussées de chaleur dans une jolie comédie estivale

Un soir d’été, lors d’une fête sur les quais de Seine, un garçon prénommé Félix rencontre une fille qui s’appelle Alma. Mais celle-ci part en vacances le lendemain, en famille, entre Valence et Montélimar. Félix décide de rejoindre Alma pour lui rendre une visite surprise. Il réserve alors des places via Blablacar pour lui et son ami Chérif. Et c’est Edouard, fils de bonne famille emmenant des rideaux à sa mère dans le Sud, qui va les conduire…

A l'abordage film image

Après "Tonnerre", pour son nouveau long métrage, le français Guillaume Brac nous amuse en suivant, avec une certaine tendresse complice, deux jeunes de la banlieue proche de Paris dans un voyage estival improvisé, qui ne sera pas sans obstacles, entre problème de voiture et copine pas vraiment fan de surprises. Sur le principe de la cohabitation forcée entre personnages aux antipodes les uns des autres (deux bons-vivants de banlieue / un fils à maman « avec une tête d’enfant de choeur »), soulignant au passage avec tact les différences de milieu, de richesse, de culture ou de perception du monde, "A l’abordage" propose une radiographie sympathique et drôle d’une France bigarrée qui cherche sa cohésion.

Mais l’opposition de caractères déstructure intelligemment les groupes initiaux, avec d’un côté un dragueur se découvrant amoureux et de l’autre deux « galériens en amour ». Et le scénario donne aux trois personnages (et à d’autres) l’occasion de rencontrer quelqu’un, et surtout au spectateur de décrypter dans le détail les intentions de chacun. Utilisant quelques personnages secondaires (dont un surfeur remarquable) comme facteurs d’attraction comme de répulsion, il offre des rôles riches à l’ensemble de son casting.

Éric Nantchouang brille par son dynamisme forcené, Salif Cissé finit par toucher en garçon trop serviable, tandis qu’Asma Messaoudene surjoue sans doute un peu l’agacement et la nervosité. Mais au final, avec un humour réjouissant, épinglant les joies du camping et de ses promiscuités, jouant avec les approches amoureuses, cette chronique de la débrouille et de l’oisiveté estivale dégage une belle humanité. Et même si quelques problèmes de rythme se font jour sur la fin, on apprécie de découvrir et d’aimer ces personnages, dans leurs blocages comme dans leurs courageux élans.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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