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A CŒUR OUVERT

Un film de Marion Laine

Une avalanche de clichés

Mila et Javier font le même métier : chirurgien du cœur. Ils forment un couple heureux, si ce n’est que Javier a des problèmes de boisson qui finissent par le mettre à l’écart de l’hôpital dans lequel il travaille. Mila, persuadée qu’il ne s’agit que d’une mauvaise passe, le soutient tant qu’elle peut. Mais quand elle apprend qu’elle est enceinte, elle qui n’a jamais songé à avoir un enfant, l’heure des grandes décisions arrive…

Surfant entre drame réaliste humain et semi huis-clos hospitalier (le film se passe quasiment exclusivement dans les couloirs de l’hôpital ou au domicile du couple), « A cœur ouvert » est un long métrage qui se cherche continuellement. Et ne se trouve malheureusement jamais. Enchaînant les situations peu crédibles (une équipe médicale qui passe ses soirées au bar du coin, une chirurgienne qui oublie de prendre sa pilule et ne comprend pas d’où viennent ses nausées …) et les scènes stéréotypées (une phrase pleine de compassion prononcée à un patient mal en point), naviguant entre mise en scène sobre et effets grandiloquents, il ne parvient pas à captiver le spectateur et donne souvent l’impression d’avoir à faire à une production télévisée.

En ce qui concerne le drame qui se joue entre Mila et Javier (Ramirez, moins convaincant que dans « Carlos »), là aussi l’objectif émotion est raté. Si la passion qui les unit est palpable, la dérive qui les touche peu à peu ne suscite que peu d’intérêt, tant elle repose sur une enfilade de scènes assez convenues qui nous font comprendre que oui, l’alcool fait du mal, et oui, c’est terrible d’être enceinte avec un conjoint violent. Bref, difficile d’éprouver de l’empathie pour les personnages, si ce n’est pour celui joué par Binoche qui, comme à son habitude, fait des merveilles et sauve littéralement le film de la catastrophe.

Reste que le scénario n’y va pas par quatre chemins pour mener à son terme cette intrigue malheureuse. La chute se devine à des kilomètres, couronnée par une séquence pseudo-onirique qui, par la rupture totale de ton qu’elle crée, nous plonge dans la plus grande perplexité. Tout cela est bien dommage car la réflexion sur la maternité, seul aspect un peu subtil du film, avait de quoi intéresser.

Sylvia GrandgirardEnvoyer un message au rédacteur

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